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32ème Nuit des Molières 23 juin 2020

par Marie-Laure Atinault

Simon Abkarian, Christian Hecq, Béatrice Agenin, Electre, une Mouche et Marie des Poules récompensés !

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Etrange sentiment qui est le nôtre devant cette soirée sans public, enregistrée sur plusieurs jours au théâtre du Châtelet, vide comme un bateau sur cale. Sur scène un orchestre de jazz, la journaliste Marie-Sophie Lacarrau, pimpante en rose, déploiera une belle énergie pour animer cette soirée un peu morne. La salle du Châtelet est immense, pour combler le manque de public, des spots sont disséminés dans la salle. Les nommés rentrent par vague. Par contre pas de distance entre eux, pas de masque. Le ministre de la Culture Franck Riester est présent avec son air de lycéen appliqué et dans le fond de sa pupille une interrogation, pourvu qu’on ne me demande rien !

Pour cette émission, car il s’agit bien d’une émission de télévision et non pas d’une cérémonie comme par le passé, il manque la ferveur, le bouillonnement du public et les applaudissements. Il n’y pas eu les joyeuses retrouvailles dans le hall du théâtre, ni les flashs des photographes professionnels et amateurs, pas d’embrassades, ni même de coup de coude. Rien de ce qui nous mettait dans l’ambiance.

A situation tristement exceptionnelle, cérémonie particulière. L’organisation de la soirée a évoluée au rythme du déconfinement. Les lauréats convoqués au Châtelet ont appris dimanche et lundi le palmarès. Cette année les remettants ne remettent pas mais ils annoncent le résultat. Elsa Zylberstein et Alex Lutz, Clémentine Célarié et Philippe Berléand, Isabelle Carré, Audrey Fleurot, Charles Berling et Jean-Pierre Darroussin font leur office avec humour et élégance.

Cette année, les gagnants se lèvent, disent quelques mots. Ils recevront leur statuette qui ne porte pas de masque dans une box. Une voix OFF pose à tous la même question « où allez-vous mettre votre Molière ? ».

Le Molière du comédien dans un spectacle de Théâtre Privé ouvre le « bal ». Nils Arestrup le reçoit pour Rouge crée au théâtre Montparnasse. Il était le favori.
Peut-on dire que c’est sans surprise que nous avons entendu le nom du charmant Alexis Michalik pour le Molière du metteur en scène d’un spectacle dans un Théâtre Privé, pour Une Histoire d’Amour. Ne serait-il pas plus simple de prévoir le Molière Michalik ? Le suspens serait plus intense.

La Mouche faisait partie des favoris, l’étonnant spectacle du tandem déjanté Christian Hecq-Valérie Lesort recevra le Molière de la création visuelle, prix fourre-tout où l’on a rassemblé la lumière, les décors, les costumes. Disciplines qui sont bien différentes et qui concourent à la magie du théâtre. Christian Hecq reçoit le Molière du comédien dans un spectacle de Théâtre Public, d’après nos sources il a également reçu le Diptère d’Or de la fameuse Mosca.

Christine Murillo en recevant le Molière de la comédienne dans un théâtre Public nous offrira une scène coupée de La Mouche. Elle est lumineuse.
Simon Abkarian, apparemment très décontracté, sera récompensé trois fois pour son spectacle présenté au théâtre du Soleil chez la Reine Mnouchkine, Electre des bas-fonds, une belle aventure qui reçoit les Molières du metteur en scène du Théâtre Public, auteur francophone vivant, et le Molière du spectacle du Théâtre Public. Une belle récolte.

Nous avons aimé la grande Dominique Blanc, Molière d’une comédienne dans un second rôle pour Angel’s in America présenté à la Comédie Française. Elle a dédié son Molière à son « mari qui est un héros courageux » et a lancé un vibrant « la culture est en danger ! ».

Nous avons été émus par Beatrice Agenin, qui avec un accent berrichon comme sa Marie des Poules dire qu’il faut retourner au théâtre pour dire que l’on existe. Assurément la statuette des Molières trouvera une place d’honneur chez elle.

Monsieur X alias Pierre Richard était vraiment étonné de recevoir le Molière du Seul en scène, accompagné par la belle Mathilda May qui a écrit et mis en scène ce spectacle. Un Molière pour ce grand comédien n’était que justice !

Belle émotion de Brice Hillairet distingué dans La Souricière qui reçoit le Molière de la révélation masculine, l’enthousiasme de Elodie Menant qui vit une aventure avec Est-ce que j’ai une gueule D’Arletty, une belle révélation féminine.

Jean Franco époustouflant dans Plus Haut que le Ciel remercie ces oubliés des prix, Zouzou son habilleuse du théâtre Fontaine, où il joue cinq rôles. Le Molière de la pièce comique revient à l’outsider « La vie trépidante de Brigitte Tornade ». Le choix était difficile, cette année.

Les deux derniers Molière sont traditionnellement ceux du Théatre Privé et du théâtre Public, Marie des Poules et Electre des Bas-fonds sont plébiscités. Arnaud Denis, metteur en scène de Marie des Poules en profitera pour dédier ce Molière à son maître Jean-Laurent Cochet récemment décédé. Cette année beaucoup de grands artistes nous ont quittés Michel Aumont, Jean-Laurent Cochet, Marcel Maréchal, Jacques Rosny, la délicieuse Annick Alane. Pour ne citer qu’eux. Ils auraient mérité un hommage plus fort qu’une photo passée un peu trop vite. La liste complète des disparus est sur le site des Molières. Le fait que la disparition de certains soient passées sous silence, nous apprend beaucoup sur la vanité de la célébrité et l’ingratitude de l’actualité !

Simon Abkarian nous dit qu’il faut « remettre au centre l’humain », Isabelle Carré plaide pour une année blanche pour les intermittents, Charles Berling demande, « laissez nous prendre nos responsabilités, laissez nous rouvrir nos théâtres » et Thibault Houdinière demande un soutien massif de l’état pour le théâtre.

Bien sûr la fête était un peu factice, mais parler du théâtre à 21h était vraiment un événement, surtout dans ce contexte. Les esprits chagrins trouveront que la soirée était un peu statique, mais voir tous ces comédiens heureux d’être sur la scène d’un théâtre, nous transmettre leurs émotions et leur désir de rejouer nous a vraiment donné une envie dévorante de retourner au théâtre et de voir tous ces beaux spectacles.

Alors Vive le Théâtre, et si il faut mettre un masque pour retrouver nos émotions et bien oui, n’oublions pas que le masque fait partie du théâtre.

Les gagnants sont :

MOLIÈRE DU THÉÂTRE PRIVÉ :
Marie des poules - gouvernante chez George Sand de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis, Théâtre du petit Montparnasse

MOLIÈRE DU THÉÂTRE PUBLIC :
Electre des bas-fonds de Simon Abkarian, mise en scène Simon Abkarian, Compagnie des 5 roues.

MOLIÈRE DE LA COMÉDIE :
La vie trépidante de Brigitte Tornade de Camille Köhler, mise en scène Eléonore Joncquez, Théâtre Tristan Bernard.

MOLIÈRE DE LA CRÉATION VISUELLE :
La mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq. Théâtre des Bouffes du Nord.
Rouge

MOLIÈRE DU SPECTACLE MUSICAL :
Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? D’Eric Bu et Elodie Menant, mise en scène Johanna Boyé, Théâtre du Petit Montparnasse.

MOLIÈRE DE L’HUMOUR :
Alex Lutz, de Alex Lutz et Tom Dingler, mise en scène Tom Dingler.

MOLIÈRE DU JEUNE PUBLIC :
La petite sirène, d’après Hans Christian Andersen, mise en scène Géraldine Martineau, Studio-Théâtre de la Comédie-Française.

MOLIÈRE DU SEUL.E EN SCÈNE :
Monsieur X avec Pierre Richard, de Mathilda May, mise en scène Mathilda May, Théâtre de l’Atelier.

MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PRIVÉ :
Niels Arestrup dans Rouge, de John Logan, mise en scène Jérémie Lippmann.

MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PUBLIC :
Christian Hecq dans La mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq.

MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PRIVÉ :
Béatrice Agenin dans Marie des poules - gouvernante chez George Sand, de Gérard Savoisien, mise en scène Arnaud Denis.

MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PUBLIC :
Christine Murillo dans La mouche, d’après George Langelaan, mise en scène Valérie Lesort et Christian Hecq.

MOLIÈRE DU COMÉDIEN DANS UN SECOND RÔLE :
Jean Franco dans Plus haut que le ciel, de Julien et Florence Lefebvre, mise en scène Jean-Laurent Silvi.

MOLIÈRE DE LA COMÉDIENNE DANS UN SECOND RÔLE :
Dominique Blanc dans Angels in America, de Tony Kushner, mise en scène Arnaud Desplechin.

MOLIÈRE DE LA RÉVÉLATION MASCULINE :
Brice Hillairet dans La souricière, d’Agatha Christie, mise en scène Ladislas Chollat.

MOLIÈRE DE LA RÉVÉLATION FÉMININE :
Elodie Menant dans Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ?, de Eric Bu et Elodie Menant, mise en scène Johanna Boyé.

MOLIÈRE DU METTEUR EN SCENE D’UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PRIVÉ :
Alexis Michalik pour Une histoire d’amour, d’Alexis Michalik.

MOLIÈRE DE L’AUTEUR FRANCOPHONE VIVANT :
Simon Abkarian pour Electre des bas-fonds.

MOLIÈRE DU METTEUR EN SCÈNE D’UN SPECTACLE DE THÉÂTRE PUBLIC :
Simon Abkarian pour Electre des bas-fonds, de Simon Abkarian.

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