Accueil > 1 2 3 THEATRE

Critiques / Festival

1 2 3 THEATRE

par Dominique Darzacq

Enfants sortez vos parents !

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour le Théâtre de l’Est Parisien que dirige l’auteur(e) Catherine Anne, l’accès au rêve et à l’émotion auxquels chacun a droit, du plus petit au plus grand, enfant ou adulte, ne saurait se fragmenter ou se découper en tranches d’âge. Parce que c’est source d’échanges, c’est ensemble et au coude à coude que se partagent les plaisirs et les émois du théâtre. Le festival « 123 Théâtre » est le moment phare d’une programmation jeune public qui s’adresse à tous et où chaque spectateur trouve son compte.
C’est au Centre culturel suédois que tout commence, avec Une cuisine ordinaire (jusqu’au 5 juin), une « salsa d’un p’tit déj » très visuelle et déjantée où crépitent les corn flakes et s’entrechoquent les cuillères, concoctée par la Compagnie Masthuggs Teatern dont la fantaisiste sarabande nous révèle combien les gestes de tous les jours recèlent de rythmes et de sons.

Politique et poétique

Parmi les autres spectacles présentés au TEP, Pinock et Barbie, une pièce de Jean-Claude Grumberg qui recycle avec un humour ravageur les aventures de Pinocchio, que les mœurs et accélérations du XXIe siècle ont transformé en Pinock. Comme son ancêtre, il va accomplir un voyage initiatique, non pas dans le ventre d’une baleine, mais dans celui d’un bateau où s’entassent comme bétail les jouets donnés par les enfants du « pays qui ont trop de tout » à ceux du « pays des trois fois rien ». Il partage ses aventures au pays des enfants soldats avec Barbie, jolie poupée, que Petite Puce avait donnée en même temps que lui.
Pour transmettre la force et la cruauté d’une histoire d’aujourd’hui sans rien perdre de la magie et la poésie de la fable, Lisa Wurmser associe avec bonheur l’art de la marionnette et celui de l’acteur. Certaines références à l’histoire et à la politique ne seront pas forcément entendues par nos bambins, mais elles n’échapperont pas aux adultes pour qui la pièce a été écrite, nous dit l’auteur qui leur conseille vivement de se faire accompagner par leurs enfants, petits enfants, neveux et nièces. (du 3 au 11 juin).

La langue et les oreilles

Avec Zaïna de Lucette Salibur, on entre de plain-pied dans le conte musical. Créé en 2003 par Christian Gangneron, pour le Festival Odyssées 78, que dirigeait alors Claude Sévenier, le spectacle est un bijou scénique par l’originalité de sa conception, et un régal pour les yeux et les oreilles par la grâce de l’interprétation de la soprano lyrique, Maryseult Wieczoreck, sorcière blonde, enfantée par un rayon solaire et dont l’immense robe est à la fois territoire de jeu et réservoir d’imaginaire d’où surgissent de multiples histoires pour peu que l’on tire une des langues dont elle est ornée. Magnifique spectacle interactif où les jeunes spectateurs, assis sur la robe, sont les partenaires de l’interprète, sans leur participation elle reste sans voix. Avouez qu’il n’est pas si fréquent de s’adresser d’aussi près à une chanteuse d’opéra et d’avoir le droit de lui tirer la langue.. Celle de Lucette Salibur, frottée de créole populaire et poétique pourrait bien dire aux grands comme aux petits que notre destin se cache dans le plaisir qu’il y à maîtriser notre langue.(du 9 au 13 juin).

A l’affiche également de ce festival bariolé qui regarde la société
De l’Intérieur , Une fantaisie poétique et débridée sur la grossesse vécue du côté du père, de Philippe Aufort (du 6 au 20 juin).
Les Enfants ont-ils le temps ?, un spectacle musical et citoyen de Philippe Crubézy (du 17 au 21 juin).
1 2 3 Théâtre ! Festival pour tous à partir de l’enfance jusqu’au 21 juin.
TEP, horaires variables tel 01 43 54 80 80.

Crédits photographiques : L.LOT

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.