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Poney Express, la chevauchée Rock’n’roll

par Marion Plassmann, Mathilde Tartrat

Interview d’Anna et de Robin, fondateurs du groupe français Poney Express

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Poney Express naît de la rencontre entre Robin Feix, bassiste de Louise Attaque et Anna Berthe. En 2007, Robin et son groupe voyagent de ville en ville pour leur tournée. Tétard, dont Anna fait partie en tant que choriste, ouvre les concerts. Forts de cette rencontre, les deux musiciens écrivent
rapidement un premier opus aux sonorités folk très prononcées. Deux ans et demi plus tard, le duo se transforme en quatuor. Gérard Gacoin devient le batteur officiel de Poney Express tandis que Michael Garçon trouve sa place en tant que claviériste. Ensemble, ils donnent naissance à Palladium, leur nouvel album sorti en octobre 2010.
Il y a quelques jours, nous avons rencontré Anna et Robin dans le 11ème arrondissement de Paris.
C’est au Café de l’Industrie, autour d’un verre qu’ils nous ont présenté leur univers.

Webthea : Les lecteurs de Webthea seraient curieux de connaître l’origine du nom Poney Express. Pourriez-vous nous la dévoiler ?

Robin : Pour la petite histoire, nous avions à l’époque une seule et unique auditrice qui suivait le groupe. Nous avions l’habitude de travailler la nuit et de lui envoyer le résultat final le matin par email.
Il faut savoir qu’au XIXème siècle des cavaliers étaient engagés pour un acheminement plus rapide du courrier aux États-Unis. Ce service de distribution s’appelait le ”Pony Express”. Le nom de notre groupe est né de cette anecdote.

En deux ans, Poney Express a beaucoup évolué. Comment Gérard Gacoin et Michael Garçon en sont-ils venus à vous rejoindre ?

Anna : Au début de Poney Express, nous étions seulement tous les deux. La première tournée a débuté et nous avons eu besoin d’un batteur. Comme je connaissais très bien Gérard avec qui j’avais joué dans le groupe Tétard, il nous a rejoint pour les concerts. Au moment de la conception du deuxième album, nous avons décidé de continuer l’aventure avec lui. Michael Garçon est quant à lui arrivé il y a deux ans et demi alors que nous commencions à composer Palladium avec Robin et Gérard. Nous avons réalisé que nous avions besoin d’un élément en plus, il nous fallait un clavier.
Nous savions que Michael était le meilleur de tout Paris, nous pensions qu’il refuserait de jouer avec
nous, mais finalement tout s’est très bien passé.

Alors que votre premier album Daisy Street sonne très folk, Palladium est beaucoup plus électrique. À votre avis, quels éléments ont contribué à ce changement radical ?

Anna  : L’ajout du clavier dans nos chansons a vraiment changé le son. Nous avions déjà commencé à composer avec Gérard juste après la première tournée, mais lorsque Michael a pu ajouter son instrument, nos chansons ont prit un nouveau départ. Nous avions naturellement envie de changer et l’arrivée de Michael a précipité ce désir.

Robin : Le changement fonctionne comme une dynamique pour nous. Il en est de même dans notre vie de tous les jours. Le changement est le sel de la vie et nous n’avons pas le désir d’appartenir à un style plutôt qu’à un autre.

Anna : Nous avons aussi laissé l’acoustique de côté au profit de l’électrique mais ça, on y pensait bien avant que Michael intègre Poney Express.

Comment s’organise l’étape de la composition au sein du groupe ?

Anna : Les textes sont de moi la plupart du temps. Nous avons eu des manières différentes de composer mais en règle générale, nous nous réunissons tous les quatre. L’un de nous apporte un élément musical et les autres suivent le mouvement en ajoutant leurs idées. Nous sommes tous les quatre les uns en face des autres dans une pièce. On cherche, on mélange, les morceaux naissent comme cela. Parfois Robin nous fait écouter une ligne de basse qu’il a fait chez lui, ou Michael apporte un plan de clavier et la chanson part de ce petit bout musical.

Avez-vous travaillé à partir d’un thème défini ?

Anna : Il n’y a pas vraiment de fil conducteur. Les thèmes et les textes sont toujours venus après la musique. C’est la musique qui crée le thème.

D’où tirez-vous vos idées ?

Robin : Lorsque Poney Express est né, j’ai voulu faire partager tout ce que j’avais appris au cours de mes différentes expériences passées. D’un autre côté, les jeunes groupes parviennent à nous envoyer de sacrées claques. Nous essayons d’en prendre acte et de faire aussi bien qu’eux.

Est-il difficile d’adapter la langue française à une musique très anglo-saxonne ?

Anna : C’est très difficile, mais c’est aussi extrêmement intéressant comme exercice. Je ne pourrais pas faire autrement que de chanter en français pour le moment car nous n’avons jamais écrit en anglais. Il faudrait peut être aller passer cinq ans aux États-Unis afin d’acquérir le bon accent et de pouvoir écrire naturellement dans cette langue. Je n’aime pas entendre les accents. Poney Express continuera d’écrire en français pour l’instant.

Daisy Street a été enregistré à Cardiff, au Pays de Galles tandis que Palladium l’a été dans le sud de la France à Carpentras. Ce sont deux endroits distincts pour deux albums très différents. Le choix du lieu pour l’enregistrement est-il important pour vous ?

Robin : Nous pourrions très bien enregistrer à Paris mais ça n’est jamais arrivé. Pour ma part, j’ai toujours eu envie de m’éloigner de chez moi. Quand nous travaillons en groupe, nous préférons nous isoler tous ensemble pour que cela se passe le mieux possible. C’est un peu le côté ”old
school” de notre métier.

Anna : Il y a une différence entre vivre ensemble pendant toute la durée de l’enregistrement et rentrer chez soi chaque soir. L’atmosphère de travail n’est pas du tout la même.

Martin Rushent est le producteur de Palladium. Cette collaboration a-t-elle réellement marqué l’album ?

Anna : Martin est un grand producteur des années 1970/80. Il a participé au succès de grands groupes tels que Téléphone, The Stranglers ou encore Joy Division. C’est un homme qui a beaucoup d’expérience dans le métier. Son côté ”punk” assez déroutant a apporté un aspect déjanté
à l’album. Il est d’ailleurs plutôt rare de voir un producteur plus fou que les musiciens. Il était un peu notre ”gourou”, avec ses bons et ses mauvais côtés. Sa présence nous a permis de prendre davantage confiance en nous et d’enregistrer Palladium en seulement six jours. Mais pour être honnête, cela n’a pas été facile tous les jours.

Lors de la conception de l’album, avez-vous pensé à ce qu’il rendrait sur scène ?

Robin : L’adaptation du premier album pour les concerts avait été tellement compliquée que pour le nouveau nous voulions réaliser quelque chose de plus simple.

Anna : Il est vrai qu’en concert nous voulions retrouver exactement les sons de l’album. Nous étions forcés de modifier nos morceaux car il était impossible de reproduire un quatuor à cordes par exemple.

Robin : Nous avions intégré d’autres musiciens sur scène afin de rester le plus fidèle possible à ce premier album. Ce fut une expérience intéressante mais assez compliquée à mettre en oeuvre pour chaque concert. C’est la raison pour laquelle notre second opus, Palladium, a été pensé pour le ”live” dès sa composition.

Robin est musicien au sein des groupes Louise Attaque et Ali Dragon, il a également joué avec Caravage au début des années 90. Anna quant à elle, a débuté avec Tétard. Comment expliquez-vous la multiplication de ces projets musicaux ?

Robin : Je pense que c’est un chemin que nous suivons naturellement. Il nous est propre et ne ressemble à aucun autre. Dans les années 1940/50, Pablo Picasso parlait déjà de l’artiste qui a une vie suffisamment longue pour être divisée en plusieurs parties bien distinctes. Et cela se voit très souvent de nos jours en musique. Prenez par exemple le chanteur de Blur ou les White Stripes qui évoluent sans cesse. Je trouve cela regrettable de voir certains groupes se construisant une identité par rapport à un style musical et qui par la suite, n’osent plus s’en défaire…Avec Anna nous ne
nous sentons pas comme ça en tant qu’artistes. Nous osons le changement.

Crédit photo : mark Maggiori

Myspace de Poney Express

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