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Notre histoire de Stéphane Schoukroun et Jana Klein

par Corinne Denailles

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Stéphane Schoukroun et Jana Klein, couple dans la vie et partenaires à la scène, ont pris leur histoire personnelle comme objet d’analyse. Leur expérience de couple mixte (il est Juif séfarade d’Afrique du Nord, elle est allemande de confession chrétienne) offre en effet un terrain bien concret d’investigations. Comme ils ne manquent pas de talent, ils mêlent habilement et avec beaucoup d’humour, réalité et autofiction, dans un récit à deux voix à la chronologie désordonnée, pour interroger cette situation hybride singulière, qui serait facilement inflammable sans la distance, l’intelligence et l’amour des deux parties. Très loin de tout discours didactique, ils posent toutes les bonnes questions à travers des situations concrètes : quelle école pour la petite ? comment lui parler de la Shoah ? Que transmettre ? Qu’est-ce que l’identité ? Comment annoncer la nouvelle du mariage aux parents ?
Elle a quitté l’Allemagne pour échapper à une histoire trop pesante et voilà qu’elle y est à nouveau confrontée. Plein de bonne volonté, il propose une visite de Berlin qui s’avère électrique. Entre partages et disputes, portés par l’amour qui les unit, ils s’efforcent de dépasser les préjugés, les émotions éruptives, les colères, l’éducation, pour transcender leurs différences, ce à quoi ils parviennent fort bien, acceptant les chaos inévitables du chemin.
La scénographie un peu trash contribue au climat instable, fragile. Les comédiens jouent avec malice avec le public à la frontière du vrai et du faux, dedans-dehors.
Une histoire de devoir de mémoire, de recherche de vérité mise à mal par les deux partenaires des comédiens, Alexa et sa copine Siri, intelligences artificielles algorithmiques, sources d’infoxes et dérives complotistes associées.
Le spectacle commence avec le bris d’un verre enveloppé dans un tissu, tradition qui clôt les mariages juifs pour dire que le couple ne doit pas oublier la tragédie de la destruction du temple de Jérusalem. Les auteurs ont associé cette coutume à la notion très philosophique du Tikkoum olam qui dit que le devoir des hommes est de réparer le monde imparfait. De là l’idée que le couple, et on pourrait ajouter au-delà la société tout entière, a pour vocation de recomposer le monde, symboliquement brisé.

Notre histoire de et avec Stéphane Schoukroun et Jana Klein. scénographe/plasticienne Jane Joyet. Lumières, Léandre Garcia Lamolla. Son, Pierre Fruchard. Vidéo, Frédérique Ribis. A Paris, au Monfort,jusqu’au 27 novembre 2021 à 20h30. Durée : 1h15. A partir de 14 ans.
© Christophe Raynaud De Lage

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