Normalito de Pauline Sales

tous différents, tous semblables

Normalito de Pauline Sales

Nous vivons dans une société de plus en plus fragmentée et par là de plus en plus individualiste. Le sens du collectif et de la solidarité, l’idée que la société puise sa force dans la somme des individualités perdent du terrain et ce faisant ouvrent la porte à tous les conflits. Se conformer à la norme ne signifie pas disparaître dans les tréfonds de l’anonymat, mais peut s’entendre comme un consentement aux modus vivendi sociaux. Ceux qui n’ont pas de singularités à revendiquer se retrouvent coincés dans la case « normale », rejetés par les autres. Voilà bien ce qui choque Lucas, dix ans, qui ne comprend pas pourquoi il est mal vu d’être normal, sans caractéristiques particulières d’aucune sorte.
Pauline Sales s’amuse à prendre le sujet à revers pour parler de la tolérance, du dialogue et de l’empathie bienvenus entre les êtres, de l’opportun usage des mots pour éviter les coups.
Lucas rencontre Iris qu’il qualifie de zèbre surdoué. La mère d’Iris, fatiguée de son phénomène de fille, recherche Lucas, un garçon sans histoires. La mère de Lucas admire la maturité d’Iris. Pour échapper à cette étrange situation les enfants, qui finissent par se rendre compte qu’un dialogue s’est instauré entre eux, décident de fuguer. Ils font la rencontre improbable de Lina, dame pipi, encore quelqu’un d’invisible. La dame n’en est pas vraiment une, mais qui l’autorisera à assumer sa différence ? Encore une question posée par cette pièce pleine d’humour écrite à hauteur d’enfant.
Les trois comédiens sont épatants. Antoine Courvoisier, sac-au-dos, pantalon en tire-bouchon, nous convainc qu’il a dix ans et donne à Lucas toute l’énergie naïve de la révolte enfantine. Avec Cloé Lastère, Iris, dans son ciré jaune et sa petite jupe écossaise, a tout d’une mademoiselle je-sais-tout, mais il ne faut pas se fier aux apparences, sa nature est bien plus généreuse qu’il n’y paraît. Et puis, il y a Lina interprétée par Anthony Poupard dans une dinguerie réjouissante et touchante. Les trois vilains petits canards nouent une bien belle relation. Un spectacle joyeusement irrévérencieux qui commence dans les WC de l’école et s’achève dans les toilettes d’une gare. Il invite les plus jeunes à la réflexion tout en les divertissant.

Normalito de Pauline Sales, mise en scène de l’auteur. Avec Antoine Courvoisier, Anthony Poupard, Cloé Lastère. Lumières, Jean-Marc Serre. Son, Simon Aeschimann. Scénographie, Damien Caille-Perret. Costumes, Nathalie Matriciani. Avignon, le 11. A 9h45.
Résa : 04 84 51 20 10. Durée : 1h15. A partir de 9 ans.

Texte édité aux Solitaires intempestifs

© Ariane Catton Balabeau

Tournée

Plateaux Sauvages - Paris : 1er et 2 oct
Maison du Théâtre - Brest : 7 et 8 oct
Théâtre de Mâcon : du 12 au 14 oct
Les Quinconces - L’Espal - Le Mans : du 18 au 22 oct
Théâtre de Chevilly Larue : 16 nov
Quai des rêves - Lamballe : 29 et 30 nov
Théâtre du Champ au Roy - Guingamp : 3 et 4 déc
Comédie de Caen : du 15 au 17 décembre 2021
Théâtre de Cachan : 18 et 19 fév
Scène 61 - Alençon : 25 fév
TNG - Lyon : du 10 au 14 mai 2

A propos de l'auteur
Corinne Denailles
Corinne Denailles

Professeur de lettres ; travaille depuis dix ans dans le secteur de l’édition pédagogique dans le cadre de l’Education nationale. A collaboré comme critique théâtrale à divers journaux (Politis, Passage, Journal du théâtre, Zurban) et revue (Du...

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