Du 1er au 8 octobre 2026, les 1er, 2, 6, 7, 8 octobre à 20h, le 3 octobre à 18h, le 4 octobre à 16h, à La Commune, CDN Aubervilliers.
Mesure pour mesure d’après la pièce de William Shakespeare, traduction Jean-Michel Déprats, adaptation Lucile Lacaze et Erwan Vinesse, mise en scène Lucile Lacaze.
Une intrigue vivifiante et habile entre comédie et drame.

Mesure pour mesure de Shakespeare est une oeuvre étrangement renouvelée dans sa modernité, correspondant dès 1604, d’une façon ou d’une autre, aux époques qui se sont succédées inexorablement sur la flèche lancée du temps, toutes entachées des mêmes angoisses, jusqu’à en paraître exacerbées dans leurs questionnements en ce début du XXI è siècle.
La pièce interroge le fanatisme religieux, l’ordre moral, la libération sexuelle, la corruption des hommes politiques, l’opacité de la justice, et la peine de mort comme exemplarité prétendue, autant de sujets brûlants et familiers.
Parti sans explications, le Duc de Vienne a laissé la régence de l’État au très puritain Angelo, en lui confiant la mission de purifier les mœurs du peuple. Une répression religieuse s’abat sur la ville. Ainsi, le jeune Claudio est condamné à la décapitation pour fornication. Sa sœur Isabella, novice dans un couvent, tente d’obtenir sa grâce auprès d’Angelo le régent.
Celui-ci, enamouré par cette rencontre, propose à la jeune religieuse de sauver la vie de son frère en échange de sa virginité. Obligée de sortir du couvent, Isabella se retrouve prise au piège de ce monde d’hommes qu’elle avait fui. À moins qu’une ruse pour sauver son honneur soit possible…
Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés, Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. (Matthieu, VII, 1-2)
(Quatrième de couverture de Mesure pour mesure de Shakespeare, traduction Jean-Michel Déprats, éd. bilingue, Folio Théâtre).
Comédie cruelle ou dystopie politique, selon la metteuse en scène Lucile Lacaze, les cris et les chuchotements s’imposent, l’humour et l’ironie, la satire des mâles hypocrites, mus par des instincts dits virils et virilistes, quand ils se réclament de philosophie politique. Les rebondissements clownesques ou dramatiques initient un parcours logique en quête de la vérité de l’homme.
Le suspense est haletant qui plonge les personnages dans des situations inextricables, de rebondissements en rebondissements, jusqu’au coup de théâtre final. Avec le verbe, l’argumentaire, la capacité de persuasion de chacun et chacune à travers une parole claire et intérieure savamment consentie et maniée, comme la seule arme véritable, le glaive du combat.
Et ils sont quatre interprètes à incarner une dizaine de rôles, vifs et habités par la cause de leur personnage, allègres et enthousiastes, accordant crédit à leur juste parole qu’ils mettent en lumière à travers des sentiments posés, sûrs de la qualité de leur controverse et du bien-fondé de leur lutte et débat.
Vêtus sobrement de rappels de parure élégante d’escrime, les acteurs campent leur rôle avec force et intensité, restant calmes en apparence, fidèles aux valeurs plus ou mois humanistes qu’ils défendent en dépit de tout.
Andréas Chartier est un bel Angelo austère, tiraillé entre ses pulsions intimes et son image hypocrite à préserver. Lucile Courtalin passe du rôle d’Isabella, la sincère nonne bousculée, à la maquerelle populaire et décomplexée.
Nathan Jousni qui porte le rôle de Lucio, du prévôt… jongle avec brio entre ses diverses figures de fourbe. Quant à Erwan Vinesse en duc de Vienne, en frère religieux ou autre, il joue de ces types nobles en manipulateur ludique.
Une intrigue vivifiante et habile, entre comédie et drame, où le langage est roi, où les hommes sont fourbes, instigateurs de répression religieuse, de chantage sexuel et d’hypocrisie du pouvoir, de fieffées figures de réaction.
Mesure pour mesure d’après la pièce de William Shakespeare, traduction Jean-Michel Déprats, adaptation Lucile Lacaze et Erwan Vinesse, mise en scène Lucile Lacaze, avec Andréas Chartier, Lucile Courtalin, Nathan Jousni, Erwan Vinesse, scénographie Lucile Lacaze et Adèle Collé, lumière Nicolas Zajkowski, son Étienne Martinez et Erwan Vinesse, costumes Audrina Groschêne, collaboration artistique Erwan Vinesse. Du 1er au 8 octobre 2026, les 1er, 2, 6, 7, 8 octobre à 20h, le 3 octobre à 18h, le 4 octobre à 16h, à La Commune, CDN Aubervilliers. Le 1er décembre 2026 - INSA, Lyon. Du 11 au 12 février 2027 - Théâtre des Ilets - CDN de Montluçon. Du 4 au 5 mars 2027 - Bonlieu Scène nationale Annecy. Du 9 au 10 mars 2027 - Le Théâtre d’Aurillac. Le 16 mars 2027 - Le Gallia Théâtre, Saintes. Le 1er avril 2027 - Le Dôme Théâtre, Albertville. Du 18 au 20 mai 2027 - Théâtre du Sorano, Toulouse. Du 11 au 19 juin 2027 - La Manufacture - CDN de Nancy.
Crédit photo : Christophe Vauthey



