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Critiques / Jeune Public

Le Petit Chaperon Rouge

par Najett Maatougui

Loup y es-tu ?

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Le portable rend parfois bien des services. Mais si le Petit Chaperon Rouge du conte de Perrault en avait eu un, l’histoire aurait-elle eu une autre fin ? Pas sûr… Dans la version proposée par la Compagnie Colette Roumanoff, la petite fille sait se servir du portable que sa maman lui a confié pour la prévenir en cas de danger. Encore faut-il qu’elle puisse soupçonner le danger qui la guette. Or, souvenons nous que le Petit Chaperon Rouge ne se méfie pas un instant du loup qui croise son chemin.

Dans cette adaptation originale, elle va d’ailleurs jusqu’à chanter et danser avec lui. « Tire la chevillette et la bobinette cherra », devient même une chanson aux accents de swing sur laquelle se déhanchent l’héroïne et le loup. On l’aura compris, ce spectacle-là propose une version fantaisiste et colorée du célèbre conte, parvenant même à gommer la noirceur d’une histoire que l’on sait porteuse d’une incroyable cruauté. Et si le loup en impose ici avec son grand gabarit, ses larges mâchoires, sa voix sépulcrale et son air redoutable – il faut bien ça après tout, c’est le grand méchant loup non ? – il se dégage néanmoins de ce spectacle une incroyable fraîcheur.

Est-ce dû à ces chansons récréatives et à cette bande son laissant entendre ça et là quelques gazouillis d’oiseaux ? Est-ce le fait de ce subtil jeu de lumière qui baigne la scène dans une ambiance douce ? Est-ce cette note champêtre apportée par ces petits bosquets dans lesquels la fillette cueille des fleurs pour sa mère-grand ? C’est probablement pour toutes ces raisons, mais aussi grâce au jeu tout en nuances de Valentine Erlich, qui donne à ce Petit Chaperon Rouge ce qu’il faut de désinvolture enfantine pour le rendre attachant. Gracile et facétieuse, jamais elle ne force le trait. Il lui suffit d’un sourire fugace et d’un léger haussement de sourcil pour exprimer toute l’espièglerie de son personnage. L’insouciance qu’elle dégage est telle qu’elle rejaillit sur les enfants qui, du coup, n’ont même plus peur du grand méchant loup.

Aïe, il a quand même mangé la grand-mère… Pas de panique, le chasseur n’est pas loin, beau garçon, débarquant de nulle part en roulant des mécaniques. Patrick Alluin confère à ce chasseur ce qu’il faut d’assurance et de décontraction pour apporter à ce rôle une vraie originalité. Et ça tchatche et ça frime, n’empêche ce chasseur n’est plus là quand on a besoin de lui. Et l’on ne doit qu’au courage du Petit Chaperon Rouge la « libération » d’une mamie qui finalement revient de loin – du ventre du loup pour être précis. Interprétée par Valériane de Villeneuve, cette grand-mère semble à la fois fragile et agile. Elle a le dos courbé mais le regard pétillant, l’air épuisé mais l’esprit vif, elle est de ces grand-mères qui respirent la joie de vivre et font le bonheur des enfants… C’est aussi cela la force de ce spectacle : à travers le caractère des personnages, il montre aux enfants des sentiments autres que la seule peur du loup.

Le Petit Chaperon Rouge, d’après Charles Perrault, adaptation et mise en scène de Colette Roumanoff. Avec Valentine Erlich, Valériane de Villeneuve, Patrick Alluin. Costumes et décors : Katherine Roumanoff. Musique de Jérôme Lemonier. Chorégraphie : Marie-Jo Buffon. Lumières : Nicolas Bats. Tout public. Théâtre Fontaine. Reprise en octobre 2007.

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