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Critiques / Jeune Public

Petit songe d’une nuit d’été

par Najett Maatougui

A la bonne franquette

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Si les adultes connaissent Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, les enfants peuvent actuellement découvrir un délicieux Petit songe, très librement inspiré du grand dramaturge anglais. Nombre d’ingrédients y ont ici été modifiés pour que les enfants ne perdent pas une miette de l’adaptation de cette comédie. Saupoudrée de chansons, relevée de fantaisie, pétrie d’humour et accommodée à la sauce française – pour ne pas dire franchouillarde (Demétrius est ainsi rebaptisé Pur Porc, Héléna devient Rillette, etc.), la recette est la bonne qui régale grands et petits.
En entrée, quelques bouchées de l’intrigue originale : un mariage arrangé par le roi, des amours contrariées, la fuite nocturne des tourteaux, euh pardon, des tourtereaux, dans une forêt magique, les deux amants (Roseau et Rosette) y étant bientôt rejoints par Rillette, qui aime Pur Porc qui aime Rosette... Le tout, évidemment, par une belle nuit d’été.

Un humour qui joue sur l’absurde et le décalage

En plat de résistance, une fantasmagorie où apparaissent des lutins, un prince des ténèbres, une reine de la lumière, sans oublier de méchants moustiques dont la piqûre provoque un fou rire mortel. Si si, sérieusement. Elles n’ont effectivement pas l’air de plaisanter ces petites bestioles (qui sont en vérité aussi grandes que vous et moi). Quand elles déboulent soudain sur scène en remuant le popotin au gré de leurs bzzz bzzz menaçants, le public est hilare, le burlesque est à son comble. On n’est plus dans Shakespeare mais chez les Monty Python.

Un humour qui joue sur l’absurde et le décalage. Tout dans ce spectacle est matière à la farce : l’intrigue, les personnages, mais aussi les sentiments. Quand la pièce s’éloigne à ce point du propos original, qu’on est sur le point de se demander où est passé son auteur voilà que, sous un beau clair de lune, Roseau déclare sa flamme à Rosette dans la langue de Shakespeare. Ce à quoi la belle répond : «  Je ne savais pas que tu parlais allemand »…

Une pièce haute en couleurs

Mais le meilleur est à venir. En guise de dessert, un final où les quatre jeunes amants jouent un spectacle pour le roi. Du théâtre dans le théâtre. Si on en taira ici les ressorts comiques pour préserver la surprise, on ne peux passer sous silence la puissance burlesque qu’atteignent alors ces comédiens épatants. Mais le talent de ces acteurs n’est pas seulement là. Tout au long de la pièce, chacun d’entre eux impressionne par sa capacité à jouer dans des registres très différents, au gré de l’évolution de leur caractère : de la candeur à la duplicité, de l’exaltation à la torpeur, de l’arrogance à la poltronnerie…

La mise en scène jongle goulûment avec les sentiments et les situations, tout en rendant palpable tout ce que la pièce évoque. La réussite de ce Petit Songe tient en outre à ce que la mise en scène, en utilisant au mieux les lumières et les décors, en dirigeant les acteurs avec brio, réussit le tour de force de donner une forme de féerie à cette grande bouffonnerie et même à y souffler un vent de poésie. Mouvements, dialogues, musique, tout est parfaitement panaché dans cette pièce haute en couleurs. Bref une confiserie géante pour petits et grands. Le public se régale qui applaudit à tout rompre à la fin de la représentation. Une petite fille demande alors à sa maman : « dis, on pourra le revoir ce spectacle ? ». Diantre ! comme si on pouvait revivre deux fois le même rêve ! Et pourquoi pas ? Quand on songe comme un enfant, tout devient possible.

Petit songe d’une nuit d’été, d’après William Shakespeare. Comédie musicale et familiale de Stéphanie Tesson. Mise en Scène : Antoine Chalard. Avec en alternance Antoine Chalard, Magali de Jonckheere, David Laborie, Manon Leroy, Florent Malburet, Mélodie Marcq, Yann de Monterno, Ombeline de la Teyssoniere, Marie Vernalde. Musique : Germain et Laurent Derobert. Lumières : Aurélien Amsellem. Scénographie : Anne Le Clerc. Costumes : Hicham Riffy.

Jusqu’au 5 janvier 2008. Les mercredis à 14h15, les samedis à 15h. Durée : 1h10. Théâtre Mouffetard, 73 rue Mouffetard, 75005 Paris. Réservation : 01 43 31 11 99. www.theatremouffetard.com.

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