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Irma : Invitation au voyage Nu-Soul

par Marion Plassmann, Mathilde Tartrat

Rencontre avec Irma à l’occasion de la sortie de son album Letter to the Lord

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C’est au Cameroun, à l’âge de 7 ans, qu’Irma découvre son amour pour la musique. En 2003 elle débarque à Paris afin de poursuivre ses études et commence à se faire connaître en postant des vidéos de reprises ou de chansons originales sur Youtube. La jeune femme s’inscrit alors sur le site du label My Major Company. Elle étonne tout le monde en atteignant les 70 000 euros nécessaires à la production de ses chansons en un week-end. L’album Letter to the Lord tant attendu par les internautes coproducteurs sort enfin en février 2011.
Découvrez cette artiste Pop/Soul qui a su retenir l’attention de Webthea.

  • Webthea : Tu as commencé la musique très jeune. Comment t’es-tu retrouvée derrière un piano à seulement sept ans ?

Irma : L’ambiance chez moi était très musicale. Ma mère écoutait beaucoup de classique et cela
m’intriguait énormément. J’ai demandé à prendre des cours de piano classique. D’un côté cela demande beaucoup de rigueur et d’un autre côté s’il n’y a pas un minimum d’émotions, ça ne fonctionne pas.

  • Avant d’avoir un certain succès sur Youtube, avais-tu envisagé de vivre de la musique ?

Je n’ai jamais envisagé un métier quel qu’il soit, je me suis toujours laissée un peu porter. La musique était juste une passion, je composais, je montrais mon travail à mes amis, à ma famille. Je n’imaginais pas en faire mon métier.

  • Tu avais enregistré une première version de ton album à New York avec Henry Hirsh. Comment cela s’était déroulé ?

Tout est allé très vite. En seulement deux jours, les 70 000 euros ont été récoltés et nous n’avons pas eu le temps de choisir un producteur qui me correspondait. Henry Hirsh, le producteur de Lenny Kravitz, avait aimé Letter to the Lord, une de mes chansons postées sur Youtube. Il m’a proposé de venir travailler avec lui à New York. C’était mon premier voyage aux Etats- Unis et ma première expérience studio. C’était complètement fou, il y avait des musiciens incroyables. J’ai beaucoup appris grâce à cette aventure qui a duré le temps d’un été.

  • Pourquoi avoir décidé de tout ré-enregistrer à Paris ?

Une fois l’euphorie de cet enregistrement à New York passée, j’ai réécouté l’album et je ne l’ai pas reconnu. Comme je n’avais aucune expérience et que j’étais face à de grands musiciens, je leur avais abandonné mes chansons. Je n’ai pas vraiment pu ajouter ma touche personnelle donc cela sonnait comme une grande production à l’américaine. C’était un album que je ne pouvais pas défendre car il ne me correspondait plus. Nous avons tout repris de zéro. Pendant ce temps je continuais à composer. Au bout du compte, nous avons enregistré une vingtaine de chansons, et douze ont été retenues pour l’album.

  • Alors que d’autres producteurs s’intéressaient à ta musique, pourquoi as-tu choisi My Major Company ?

A l’époque où je postais mes vidéos sur Youtube, de nombreux producteurs s’intéressaient à mon travail. Cependant, cela m’intimidait car j’ignorais encore tout de l’univers de la musique. Je me suis donc dirigée vers My Major Company. Cette jeune entreprise présente de nouveaux artistes sans aucune prétention et cela correspond à mon état d’esprit. De plus, My Major Company présente un énorme avantage pour les artistes qui débutent : nous nous sentons tout de suite entourés. C’est pour cette raison que je n’ai pas hésité à m’inscrire.

  • Comment as-tu réagis en voyant que les 70 000 euros avaient été atteints en seulement un weekend ?

Je me suis inscrite un vendredi sur My Major Company et, par curiosité, je suivais la somme qui
montait tout au long du week-end. À un moment donné, j’ai réalisé qu’un internaute avait misé 1000 euros sur mon projet. J’étais abasourdie que l’on investisse autant pour ma musique. Puis, à chaque fois que j’actualisais ma page Internet, le montant augmentait. Les webmasters du site ont pensé qu’il s’agissait d’un bug ! Deux jours après mon inscription, le coup de départ était donné. Je n’avais plus qu’à foncer et faire cet album.
Pour l’anecdote, je souhaitais poster une vidéo sur ma chaîne Youtube afin que les internautes me soutiennent sur My Major Company. Finalement, je n’ai même pas eu le temps de l’enregistrer, j’avais déjà atteint les 70 000 euros.

  • Quels sont les avantages d’être une artiste dite "de la toile" ?

Se faire connaître sur la toile est un véritable avantage car les internautes voient l’artiste tel qu’il est vraiment et non pas comme un produit préfabriqué. Les personnes qui apprécient mon travail sur internet forment une communauté qui soutient mes chansons et ma manière d’être. Ils connaissent mon intimité car j’enregistrais des vidéos dans ma chambre.
Un jour, il m’est arrivé de croiser un touriste vietnamien dans le métro parisien. Après m’avoir fixé longuement, il s’est approché de moi et m’a demandé en anglais : "Are you Nevermind150788" -c’est mon pseudonyme sur Youtube. Il m’a confié qu’il regardait mes vidéos depuis un long moment et qu’il avait pris pour habitude de me surnommer "la fille du radiateur" lorsqu’il parlait de mes chansons à ses amis. En effet, on pouvait apercevoir mon radiateur en arrière plan de mes vidéos. Cette rencontre m’a fait réaliser la puissance d’internet et la portée que cela pouvait avoir d’être une artiste de la toile.

  • Pourquoi avoir choisi de chanter en anglais ?

Je n’ai pas vraiment choisi de chanter en anglais, cela s’est fait très naturellement. J’ai composé mes premières chansons en français lorsque je débutais à la guitare. Avec un peu de temps et d’expérience, j’ai eu envie d’accompagner mes mélodies avec la langue anglo-saxonne. C’est étrange car ce n’est pas ma langue maternelle mais je trouve qu’elle s’accorde davantage avec mes émotions. J’ai également choisi de chanter en anglais de part mes influences musicales. J’ai grandi au Cameroun dans les années 90 avec des groupes "britpop", du rap r’n’b et US. Je continue malgré tout à écrire des textes en français et j’espère pouvoir sortir un jour des chansons françaises.

  • Quelles sont tes influences et tes inspirations ?

Un rien m’inspire en musique. Quelques notes d’une chanson entendue à la radio, une bande annonce à la télévision ou encore une mélodie au cinéma me donnent envie de composer.
Il y a également des artistes qui ont suscité mon amour pour la guitare comme Ben Harper ou Eric Clapton. J’ai aussi une grande admiration pour Queen. L’énergie de Freddy Mercury, les choeurs et les mélodies de ce groupe me fascinent. Et, lorsque j’étais plus jeune, Michael Jackson a été une véritable révélation musicale. Je visionnais en boucle une cassette du roi de la pop, et je poussais tous les meubles du salon pour reproduire ses chorégraphies. J’aime son côté "show à l’américaine" et je suis épatée de constater qu’un enfant de sept ans, à cette époque, était capable de clouer le bec à une salle bondée.

  • Comment définirais-tu ton style ?

Je le définirais comme un style "intuitif" et cela se remarque dans mon album qui part un peu dans tous les sens. Je n’ai pas le désir de me ranger dans un style musical bien défini. Tous les artistes français que j’apprécie comme M ou Gainsbourg, pour ne citer qu’eux, montrent qu’il ne faut pas hésiter à aller explorer tout ce qui nous passe par la tête.

  • Avec quel artiste rêverais-tu de faire un duo ?

J’aimerais beaucoup travailler avec Mathieu Chedid. J’ai eu la chance de faire ses premières parties. C’est un artiste talentueux qui a su rester humble et généreux. Il m’a fait monter sur scène alors qu’il n’y était absolument pas obligé. Les ingénieurs du son et les techniciens pouvaient eux aussi profiter d’un moment sur scène. Il considère que chacun a droit à son moment de reconnaissance.

  • Tu as fait beaucoup de premières parties, quels souvenirs en gardes-tu ? Certains artistes t’ont-ils particulièrement épaulée ?

Je garde des souvenirs formidables de toutes mes premières parties. Les artistes étaient bienveillants et compréhensifs, ils n’ont pas oublié qu’ils étaient passés par là au cours de leur carrière. Leurs encouragements m’ont donné une plus grande confiance en moi. Cependant, j’ai eu un coup de coeur particulier lors de la tournée de la rappeuse française, Diam’s. Elle m’a donné des conseils scéniques qui m’ont beaucoup appris en tant qu’artiste. Alors que j’étais sur
scène, elle m’observait depuis les coulisses. À la fin de ma représentation, elle est venue me rejoindre et m’a dit ces mots "Irma, il faut que tu donnes plus au public. Tu as cette chance rare d’être sur scène pour chanter ta musique, alors profites-en entièrement. Le public vient te voir en concert pour passer un bon moment, n’hésite pas à le faire chanter et à partager davantage avec lui". Le soir suivant, j’étais pétrifiée, mais j’ai suivi ses conseils et le public a repris mes chansons en choeur. C’était une expérience très forte qui m’a permis de voir la scène autrement, de l’apprivoiser en quelque sorte.

  • As-tu un message à faire passer ?

Je tiens à remercier tous les internautes qui m’ont soutenu sur la toile. De nos jours, ce n’est pas évident de miser sur une artiste sortie de nulle part et très peu de personnes prennent ce risque. Sur le site de My Major Company, mes producteurs se sont investis dès le départ et c’est grâce à eux que je peux vivre cette belle expérience aujourd’hui.

Myspace - Cliquez ici

Le site de My Major Company - Cliquez ici

11 Mars – La Fourmi, Limoges 19h00

12 Mars – La Péniche, Lille 19h00

15 Mars – Café de la Danse, Paris 19h00

18 Mars – Le Chat Noir, Genève (Suisse) 19h00

19 Mars – La Parenthèse, Nyon (Suisse) 20h00

25 Mars – Théâtre de Poche, Béthune 19h00

7 Avril – Rack’am, Brétigny Sur Orge 19h00

8 Avril – Seclin 19h00

15 Avril – La Citrouille, St Brieuc 19h00

16 Avril – Salle Pôle de Migron, Frossay 20h00

22 Avril – La Fourmi, Limoges 19h00

23 Avril – Festival Pay ta Tong, Le Ferrière 19h00

26 Avril – Salle du Grand Marais, Riorges 19h00

27 Avril – Le Poste à Galène, Marseille 19h00

7 Mai – Le Forum, Vauréal 20h00

3 Juin – Les micros de la Sainte-Victoire, Aix en Provence 20h30

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