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Arte : l’actualité culturelle en 11 minutes

par Géraldine Oury

Jean-François Ebeling Rédacteur en chef du Journal de la Culture

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Webthea : Jean François Ebeling, vous êtes rédacteur en chef du Journal de la Culture sur Arte, pouvez-vous nous présenter cette nouvelle émission en quelques mots ?

Jean-François Ebeling : Le Journal de la Culture essaye, en précisément 11 minutes, de “faire le tour” de l’actualité culturelle française, allemande et même européenne. Nous sommes bien conscients que c’est assez ambitieux, mais c’est aussi à mon sens ce qui rend le projet passionnant. Sinon, plus concrètement, ce nouveau rendez-vous a lieu tous les soirs sauf le dimanche, sur Arte, à 20h.

Webthea : Justement, ce choix horaire audacieux est-il délibéré ? Avez vous cherché à vous positionner comme une alternative aux journaux d’information des grandes chaînes ?

Jean-François Ebeling : Oui, très clairement. Nous avons joué ce qu’on pourrait appeler “la carte Arte” . Nous faisons de la culture à 20h parce que c’est là-dessus que nous avons vraiment une carte à jouer. Celà dit c’est vraiment difficile, la concurrence est terrible à cette heure là. Mais en même temps, on sait que nos spectateurs nous regardent par choix et pas par hasard. C’est en quelque sorte un public conquis, composé majoritairement de personnes vraiment motivées par ce que nous leur proposons.

Webthea : Avez-vous une ligne éditoriale clairement définie ?

Jean-François Ebeling : C’est une question qu’on me pose très souvent et à laquelle il est vraiment difficile de répondre. Le terme de ligne éditoriale est très galvaudé, il veut dire tellement de choses qu’en fin de compte il ne désigne plus rien de précis...
Ce que je peux en tout cas vous dire, c’est que l’émission veut montrer, ou plutôt refléter ce qu’est la création culturelle européenne dans toute sa richesse et sa diversité. L’idée, c’est que dans chaque édition du journal, le spectateur doit avoir été spécialement passionné par au moins un des sujets proposés. C’est difficile, car la culture est un champ très vaste. On peut se passionner pour le théâtre et ignorer le cinéma, on peut adorer la photographie et ne jamais écouter de musique.

Notre but, c’est donc aussi d’éveiller l’intérêt des gens pour des disciplines qu’ils connaissent moins, de les aider à s’ouvrir, et puis aussi d’arriver à les retenir, à leur montrer qu’il peut se passer des choses passionnantes partout. Quand en plus on arrive à leur donner envie de sortir de chez eux, d’aller à la rencontre des artistes, on a vraiment rempli notre mission.

Webthea : Quelle place accordez- vous plus précisément au spectacle vivant dans Le Journal de la Culture ?

Jean-François Ebeling : Très sincèrement, nous n’avons aucune priorités en termes de disciplines et de champs artistiques. Donc bien sûr nous n’ignorons pas l’actualité du spectacle vivant, nous en parlons très régulièrement, tout comme nous parlons régulièrement de musique, d’arts plastiques, de cinéma etc. Pour vous donner quelques exemple, nous avons récemment diffusé un très beau sujet sur les Fables de La Fontaine, qui sont jouées actuellement à la Comédie Française dans une mise en scène de Bob Wilson.

Nous avons aussi consacré une émission spéciale au Misanthrope de Molière, au moment ou il était monté au Théâtre National de Strasbourg par Stéphane Braunschweig. J’aurais bien d’autres exemples, mais ce sont ceux-ci qui me reviennent en premier à l’esprit...

Webthea : Pour élargir un peu le sujet, que pensez vous du fait que l’on accorde si peu de place au spectacle vivant à la télévision ? En tant que professionnel du secteur, comment expliquez vous cette réalité ?

Jean-François Ebeling : Votre question me met dans une position délicate, je l’avoue. Je ne sais pas si vous voulez me faire critiquer ce que font les autres, mais moi, je ne suis pas là pour ça. Ce n’est pas mon rôle, je ne veux pas faire la leçon aux chaînes concurrentes.
Ce que je peux vous dire, c’est qu’en matière de médiatisation du spectacle vivant, je trouve qu’Arte fait déjà beaucoup et remplit vraiment son devoir. Pourtant, c’est souvent difficile.

D’ailleurs, au delà de considérations purement matérielles comme la question des audiences, il est clair que bien filmer le spectacle vivant est extrêmement compliqué. Dans son rôle d’intermédiaire entre la salle et le téléspectateur, la caméra vient souvent casser le lien acteur / spectateur et écraser la scénographie.
Quand ces liens sont rompus, que la vie qui émane d’un théâtre en pleine représentation n’est pas palpable à l’écran, ce qui arrive parfois, c’est qu’on a raté notre coup. Parfois au contraire, nous avons le sentiment de faire de petits miracles, de restituer parfaitement cette richesse, cette ambiance.

Webthea : Pour terminer, en tant que grand média franco-allemand, est-ce que vous constatez des différences marquantes entre le traitement télévisé de la culture en France et en Allemagne ?

Jean-François Ebeling : Sans vouloir faire des généralités, j’ai l’impression qu’il y a plus de place pour la culture à la télévision allemande. En France, nous sommes la seule chaîne à proposer un journal culturel quotidien. En Allemagne, nous avons quelques concurrents. Les grandes chaînes allemandes proposent aussi de nombreux magazines culturels hebdomadaires et mensuels. C’est vrai, l’offre est quand même plus diversifiée chez nos voisins, autant en termes de formats d’émissions que de contenus.

Le journal du la Culture, Du lundi au samedi à 20h, sur Arte

Pour en savoir plus : http://www.arte-tv.com

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