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Critiques / Danse

Skid de Damien Jalet

par Yves Bourgade

Des danseurs sur un plan incliné à 34°

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Tout amateur de danse classique sait que le plateau sur lequel évoluent les danseurs, est légèrement incliné, inclinaison qui réclame une adaptation. Le danseur et chorégraphe franco-belge Damien Jalet complique encore la donne, en faisant évoluer ses interprètes, pour sa récente création Skid, sur une plateforme de 10 mètres carré, inclinée à 34 degrés et inspirée du chiffre de la gravité universelle (9,8 m/s2).
Que l’on pense ce que l’on veut de cette chorégraphie de 45 minutes, on doit saluer toutefois, sans réticence, la performance physique des 17 danseurs de la compagnie de danse contemporaine suédoise GöteborgsOperans DansKompani pour laquelle Skid a été créée en 2017. Elle est à Paris au Théâtre national de Chaillot à Paris avec cette pièce donnée pour la première fois en France.
Damien Jalet n’est pas un inconnu en France où il a fait équipe avec le chorégraphe Sidi Larbi Serkaoui pour un Boléro pour le Ballet de l’Opéra de Paris. En outre il est artiste associé au Théâtre national de Bretagne depuis 2017. En tant que formateur, il enseigne sa technique basée sur la force centrifuge.
Sa singularité est d’être aussi acquis à l’idée que la danse « peut se réinventer constamment en dialoguant avec les autres moyens d’expression tels que les arts visuels, la musique, le cinéma le théâtre et la mode ».

Skid est la deuxième pièce imaginée par Damien Jalet et inspirée par le rituel japonais particulièrement dangereux Onbashira. Tous les six ans, des centaines d’hommes, rapporte le chorégraphe, « chevauchent d’énormes troncs d’arbres pour les faire glisser sur le flanc d’une montagne : une sorte de recherche de relation viscérale du corps humain à la nature et à la gravité .Skid avec sa plateforme inclinée « fait référence, dit-il, au flanc de la montagne ».
Dix sept danseurs (hommes et femmes) pendant la durée du ballet sont confrontés aux 34 degrés d’inclinaison du plateau de couleur blanche et brillant. Tantôt ils dévalent cette plate forme par reptation ou se laissent glisser au ralenti sans faire le moindre mouvement, tantôt ils la gravissent individuellement ou en groupes. A chaque danseur correspond également une ombre portée allongée et nette qui multiplie les mouvements, ce qui crée des tableaux de figures intrigantes. L’expérience est intéressante, le coté toboggan a quelque chose de ludique et la remontée du plan incliné par plusieurs danseurs rappelle l’effort des cordées de montagnards dans la neige. La musique électroacoustique signée par l’Autrichien Christian Fennesz, beaucoup trop tonitruante, qui accompagne Skid, n’ajoute rien en revanche à ce que le chorégraphe souhaite suggérer au spectateur.

Salle Jean Vilar de Chaillot à Paris : 1er février 2019 à 20h30, 2 février 2019 à 15h30 et 19h45, durée 45 minutes, place à 37€

Photo ©Mats Backer
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