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Critiques / Théâtre

No way Veronica d’Armando LLamas

par Jean Chollet

Ecriture sonore

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Une base météorologique située sur une île subantarctique sert de cadre à cette pièce de l’auteur argentin d’origine espagnole, Armando Llamas, décédé en 2003. Librement inspirée de Who Gœs There de John W. Campbell, qui fut adapté pour le cinéma par Chritian Nyby (The Thing of Another World- 1951) et John Carpenter (The Thing -1982), cette version loufoque tient à la fois de la science fiction, de la bande dessinée et de la parodie cinématographique. Elle met en présence un groupe de scientifiques singuliers, composé de personnages faisant référence aux stars hollywoodiennes des années 1970 (James Mason, Stanley Baker, Peter Falk, William Holden …), condamnés au huis clos au milieu des eaux australes et partageant leur temps entre un quotidien éprouvant et l’observation des manchots. Un monde d’hommes soudain perturbé par l’arrivée impromptue d’une vamp nymphomane, Veronica Evans, alias Gina Lollobrigida. Rejetée à la mer par ces machos, elle tentera en vain d’imposer sa présence sous les aspects d’un chien esquimau échappé d’un camp norvégien proche, d’un professeur, d’un manchot, ou encore d’E.T. débarqué de sa soucoupe volante. Un divertissement cocasse et réjouissant qui trouve une expressivité originale dans la forme adoptée par Jean Boillot, metteur en scène et metteur en sons de cette fable délirante. Sur un sol blanc évoquant la banquise, le dispositif scénique s’apparente à un concert de rock avec trois comédiens face au public devant leurs micros. Jean-Christophe Quenon, chargé des voix off et du synthétiseur, Katia Lewkowicz, qui interprète avec brio toutes les voix des différents protagonistes, et David Maisse auteur de bruitages parfois accompagné de mimes. Ils assument avec vitalité le sous-titre de la pièce “ Ou nos gars ont la pêche ”, pour donner cette dernière au public. Leurs interprétations vocales, gestuelles ou chorégraphiques, s’inscrivent avec cohérence dans la composition d’un univers sonore conçu par David Jisse et Christophe Hauser qui constitue une quête de renouvellement de l’expression théâtrale. En employant avec finesse les différentes techniques du son, Jean Boillot utilise sa force suggestive pour ouvrir l’imaginaire et faire naître des images sans autres artifices … de la présence d’un hélicoptère à la vision d’un film sur un écran télé. Le résultat est convaincant et constitue une amorce intéressante de traitement des problématiques posées par la représentation théâtrale.

No way, Veronica d’Armando Llamas, mise en scène Jean Boillot, avec Katia Lewkowicz, Jean-Christophe Quenon, musique, sonographie, David Jisse, Christophe Hauser, lumière Ivan Mathis, bruitages David Maisse. Théâtre Romain Rolland Villejuif du 4 au 20 décembre 2008. Tel : 01 49 58 17 00. Théâtre d’Angoulême, le 7 janvier 2009. Durée : 1 heure.

crédits photographiques : Arthur Péquin

www.trr.fr

site du théâtre Romain Rolland

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