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Ma chambre froide de Joël Pommerat

par Jacky Viallon

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Joël Pommerat marche sur un fil, habile funambule qui glisse sur la corde des thèmes et sujets contemporains. Il nous entraine dans une histoire d’aujourd’hui. On est tendu sous l’ action, on vacille, on tangue et on se rattrape de justesse sans jamais sombrer dans l’ennui.

Ce dramaturge travaille sans filet. Il nous présente sa dernière pièce de théâtre comme un numéro de haute voltige littéraire. Il mène un jeu « Pirandellien » avec cette manifestation plus ou moins alternée entre le réel et l’irréel « …C’est que dans la vie tout est fiction…. Je ne sais pas mieux dire. Oui, tout est fiction. Avec le recul ce n’est pas facile de s’y retrouver dans la masse des réalités… » fera-t-il dire, en guise de prologue, par Claire, un des personnages de la pièce. Cet auteur expérimental sait naviguer dans les eaux troubles des hommes et nous expose l’ambiguïté, la contradiction dans lesquelles il se plonge avant d’émerger pour prendre pied sur le terrain, certes, instable de la réalité. Réalité, incluant les événements qui dirigent le destin des hommes au-delà de leurs desseins.
Ainsi dans cette pièce suit-on avec curiosité un fragment d’existence d’un groupe composé d’hommes et de femmes englués dans différents pièges et chausses – trappe de la vie qui tentent comme tout un chacun d’acquérir une apparente liberté par l’action, le pouvoir, la quête au profit .
Donc, l’homme d’affaires, nommé Monsieur Blocq, décide à la suite de l’annonce d’une grave maladie de donner en héritage tout son patrimoine à ses employés. Ainsi tout le monde devient copropriétaire et actionnaire des trois affaires de monsieur Blocq, à savoir, d’un grand magasin avec son rayon boucherie, d’une cimenterie et d’un bar à vocations multiples nimbé de nuit ).
Après cette prise de direction collective les événements se mettent à changer subrepticement les anciens ouvriers devenus nouveaux patrons et les comportements se définissent très différemment. Alors évidemment de par sa triple perception des images, nous entendons par là par ses antennes de dramaturge, sa pratique de comédien et de metteur en scène Joël Pommerat sait inconsciemment anticiper sur une écriture « polyphonique » qui nous livre à nous « lecteur-spectateur » une structure stratifiée de fictionnel et de réel.
Chaque trame à sa logique et le va et vient de l’ensemble est très curieux et particulièrement nouveau. On ne peut que y adhérer, tout est amené sans prétention et la difficulté de recherche se fait oublier tant la composition semble légère d’apparence ce qui donne malgré les écarts imaginaires toute crédibilité à la fable.


Ma chambre froide de Joël Pommerat, Editions Actes Sud-Papiers

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