Ma 9e Symfolie ! de Bruno Coppens
Jeux de mots, jeux de Bruno

Prenons Coppens à son propre je(u). S’il était une anagramme du mot « humoriste », nous pourrions dire de lui, puisque tous ces mots-là sont contenus dans le premier, qu’il est : hirsute, usité, timoré, roussi, moite, sumo, troué, morse, sûret, héros, rouste, soutier, surmoi, émir et même, qui l’eut cru : muet… S’il était un calembour, ce serait le titre d’un de ses anciens spectacles : Bain zen. S’il était l’acronyme C.O.P.P.E.N.S. : Comédien Orateur Prolifique Presque Éternel Néanmoins Survitaminé. Et si son spectacle était un acrostiche, ce serait :
B urlesque
R écital
U tilitaire
N utritif
O ralement
Car c’est cela que propose Bruno lors de son seul-en-scène. Il nous démontre que les mots sont porteurs de sens multiples. Il le démontre assisté de brèves animations visuelles simplement en utilisant les lettres d’un vocable dans un ordre différents (chien = niche).
Il nous emmène alors à travers ces mots qui traversent nos vies. Ainsi ceux inventés et que l’actualité met en lumière au point de nous agacer. Ainsi tous ceux du wokisme entraînés par les réseaux sociaux ou plutôt par « les vrais zoos sociaux ». Ceux qui sont à la mode et parfois disparaissent avant que nous ayons compris ce qu’ils veulent dire.
Ainsi ceux des langues de bois politiques ou professionnelles qui n’osent plus dire une réalité parce que notre société refuse des changements. Ainsi ces mots qui débarquent de l’anglais et envahissent notre français. Voici encore d’autres mots ceux des jeunes, ceux des vieux.
Mine de rien, il démine certaines façons de dire qui cachent des travers d’une pensée réduite aux stéréotypes, qui véhiculent des comportements sexistes ou racistes ou inégalitaires. Ou qui réduisent à des slogans des fonctionnements socio-politiques plus complexes. Mais le pitre de service n’est pas là pour nous faire la morale.
Il nous incite à rire et par ce biais nous conscientise. Il brasse beaucoup de sujets. Parfois seulement à peine effleurés. Peu importe. L’essentiel, c’est que derrière nos rires et leurs éclats notre vigilance à ne plus dire ou écouter n’importe quoi ait été éveillée.
Avignon Off 2026
Théâtre Episcène
03>25.07.2026 20h35
Durée : 70’
Texte, interprétation : Bruno Coppens ; mise en scène : Eric De Staercke ; assistanat : Raphaëlle Debattice ; décor : Pierre Legrand ; lumière : Nicolas Fauchet ; musique : Eloi Baudimont ; mapping (!) : Glitch ; co-production : Théâtre Le Public (Bruxelles), D’Exquis mots, Les 4 Production (France) ; aide : Fédération Wallonie-Bruxelles ; photo © Gael Maleux



