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Lost (replay) de Gérard Watkins

par Jean Chollet

Trois anges passent …

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Le titre de cette nouvelle création de Gérard Watkins fait référence au poème épique de John Milton, Paradise Lost, dont la première version date de 1667. Il traite de la tentation et de l’expulsion mythiques d’Adam et Eve du jardin d’Eden. Une référence dont l’auteur – metteur en scène s’est largement écarté pour s’inscrire dans un prolongement de son précédent spectacle, Identité, dénonçant dans cette thématique les outrances de la société contemporaine.

Cette fois, il s’attaque à l’appauvrissement de l’individu à travers la déliquescence du langage et les moyens modernes de communication qui contribuent à la perte des relations humaines. Sous la forme d’une fable située dans un immeuble parisien où vivent en voisins qui s’ignorent, un homme, Hub (Fabien Orcier) et une femme Fay (Nathalie Richard) esseulés dans leur quotidien. Lui, écoutant à distance les propos de salariés pour le compte d’une entreprise. Elle, au chômage, testant les nouveaux appareils complexes de la technologie de pointe. Jusqu’au jour où surgissent des sous-sols trois anges déchus et rebelles, Satine (Anne Alvaro), Luc (Gaël Baron) et Bel (Antoine Mathieu) virés du paradis.

Face à leur découverte d’une humanité aliénée et sclérosée, ils entreprennent de réunir Hub et Fay pour qu’ils trouvent dans leurs échanges matière à un renouveau salutaire, nécessaire à leur sauvetage existentiel. Il passe par une réappropriation du langage et la résurgence d’aspirations et de désirs qui ouvrent sur l’amour. Cet amour étant, suivant la conclusion énoncée de la pièce, seul en mesure de sauver l’humanité.

Outre le peu d’originalité de l’affirmation, la démonstration pour y parvenir laisse perplexe. Tant par l’écriture et la définition des personnages, que par la forme de représentation adoptée, malgré quelques images fortes. Elle se situe dans un réalisme le plus souvent caricatural, en échouant notamment à exploiter la relation poétique qui pouvait s’exprimer à partir de la rencontre entre les créatures célestes et les humains. Et, malgré la vitalité et l’énergie des excellents comédiens, le spectacle n’atteint pas la dimension ambitieuse qu’il semble s’être fixée. Dommage.

Lost (replay)
, texte et mise en scène Gérard Watkins, avec Anne Alvaro, Gaël Baron, Antoine Matthieu, Fabien Orcier, Nathalie Richard. Scénographie Michel Gueldry, lumière Christian Pineau, costumes Maya Boquet et Gérard Watkins, son François Vatin, musique Gérard Watkins. Durée : 1 heure 45. Théâtre de la Bastille jusqu’au 3 février 2013. En tournée : Théâtre Garonne –Toulouse (19-22 février), Comédie de Reims (26 au 29 mars), Théâtre 95 – Cergy Pontoise (24-25 avril 2013)

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