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Critiques / Danse

L’Oiseau de feu d’Igor Stravinsky

par Yves Bourgade

Le Malandain Ballet Biarritz confronté à la musique de Stravinsky

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Deux des plus fameuses partitions de Igor Stravinsky composées pour une expression dansée, « L’oiseau de feu » de 1910 et « Le sacre du printemps » de 1913, semblent un passage obligé pour les chorégraphes et pourquoi pas aussi pour une compagnie de danse classique et contemporaine. On comprend aisément leur attirance pour cette musique à la force évocatrice et puissamment connectée avec la nature.
Le Malandain Ballet Biarritz peut se targuer d’avoir cette année passé l’épreuve avec un mérite louable, car l’investissement physique spectaculaire qu’appellent les partitions de Stravinsky est au rendez-vous, comme on a pu le constater lors de son passage à Paris début novembre 2O21 au Théâtre national de la danse, après la création à Biarritz.
19 à 22 danseurs sont requis ce qui donne une idée de la compagnie au statut de Centre chorégraphique national, de ses possibilités, de sa cohésion et de sa réceptivité aux intentions de chacun des deux chorégraphes sollicités.
Lors de leur passage dans la capitale, le public leur a réservé un accueil chaleureux mérité.
Les deux chorégraphes à l’affiche sont : Thierry Malandain (directeur-fondateur du Ballet Biarritz) et Martin Harriague (chorégraphe associé) pour respectivement, « L’oiseau de feu » et « Le sacre du Printemps ».
Chacun à sa façon se saisit de l’argument du ballet initial signé par Nijinski pour « Le sacre du printemps » et par Fokine pour « L’oiseau de feu ». Les deux pièces ne font toutefois pratiquement pas référence au folklore russe, à ses croyances et ses pratiques.
Thierry Malandain retient dans son « Oiseau de feu »que « les oiseaux symbolisent ce qui relie le ciel et la terre, voire que le phénix, se décompensant pour renaître, personnifie dans la religion chrétienne l’immortalité de l’âme et la résurrection du Christ ». Danseuses femmes et danseurs hommes portent des costumes signés Jorge Gallardo qui font penser à une soutane de prêtre. Dans son style qui se veut une « vision renouvelée de la danse académique » , Thierry Malandain confie le rôle de l’oiseau à un jeune danseur filiforme et d’une souplesse confondante pour lequel il a imaginé des pas s’intégrant parfois aux ensembles toujours parfaits.
L’expressivité de la musique de Stravinski et son martèlement rythmique, sont bien rendus par Martin Harriague dans « Le sacre du printemps », mais on a du mal à le suivre dans le détail de l’évocation de ce groupe confronté au rite ancestral qui aboutit au sacrifice de l’élue. Dans sa démarche, on ne sent pas vraiment l’intention de Stravinsky rendre : « la sensation obscure et immense à l’heure où la nature renouvelle ses formes », le compositeur précisant « c’est le trouble vague et profond
d’une pulsion universelle ». Un spectaculaire moment de danse cependant auquel le chorégraphe au langage corporel « explosif et terrien » devrait remettre sur le métier.

Chaillot, jusqu’au 12 novembre .
Le Vesinet, 14 novembre,
Colombes, 16 novembre,
Opéra de Saint –Etienne, 18 novembre 2021.

Photo Olivier Houeix Low

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