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Hubert Gignoux, Séance de travail au Théâtre du Vieux-Colombier

par Jean Chollet

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Comédien, metteur en scène, Hubert Gignoux est mort le 26 février 2008 à l’âge de 93 ans.
Jeune étudiant en droit et en sciences politiques, il pratique le théâtre avec les Comédiens - Routiers et le Théâtre de l’oncle Sébastien animé par un disciple de Jacques Copeau, Léon Chancerel, qui présente des spectacles à travers la France entre 1932 et 1939. Fait prisonnier au début de la Seconde Guerre mondiale, Hubert Gignoux maintient une activité théâtrale durant sa captivité et dès sa libération réalise des spectacles de marionnettes avant de fonder, en 1947, la Compagnie des marionnettes des Champs-Elysées avec Henri Cordreaux. En parallèle, nommé “instructeur national d’art dramatique”
en 1945, il organise des formules de stages de formation pour le théâtre amateur. Dans ce cadre, il rencontre les Jeunes comédiens de Rennes, troupe animée par Guy Parigot et lauréate du Concours des
Jeunes compagnies. Avec eux, il crée à Rennes, en 1949, le Centre dramatique de l’Ouest qui s’inscrit dans le courant de décentralisation théâtrale initié par Jeanne Laurent, dont Gignoux sera l’un des pionniers. En 1957, il prend la direction du Centre dramatique de l’Est (ou Comédie de l’Est) installé en 1947 à Colmar, puis déplacé à Strasbourg en 1954. Durant son mandat, l’établissement devient en 1968 le Théâtre national de Strasbourg. Au fil de ces années le metteur en scène aborde un répertoire éclectique mêlant aux classiques français et étrangers des auteurs contemporains tels Sartre, Genet, Max Frisch et surtout Friedrich Dürrenmatt, dont il montera quatre pièces entre 1958 et 1965. Autant de ponctuations d’une pratique théâtrale exigeante et généreuse, fondée sur une notion de troupe et d’ouverture en direction du public. Pédagogue au sein de l’Ecole du TNS, Hubert Gignoux fut aussi un découvreur de talents contribuant à révéler Bernard-Marie Koltès dès 1970, avant de faire connaître sur France Culture, en 1973, la pièce de Laurent Gaudé, Onysos le furieux . Lassé du manque d’ampleur et de l’irrégularité du soutien accordé au théâtre public, il quitte le Théâtre national de Strasbourg en 1971 pour se consacrer uniquement à son activité de comédien qu’il n’a jamais abandonnée. Il intègre la Comédie-Française comme pensionnaire entre 1983 et 1986, et participe à plusieurs films pour le cinéma et la télévision. Homme de conviction reconnu et apprécié, Hubert Gignoux compte parmi les personnalités marquantes du théâtre de la seconde moitié du XXe siècle en France. A l’initiative de l’un de ses collaborateurs à Strasbourg, Louis Cousseau, et de Muriel Mayette, une vingtaine de ses amis, partenaires, confrères ou disciples, se sont réunis le 31 mars 2008 au Théâtre du Vieux-Colombier pour lui rendre hommage. De Roger Planchon à Jean-Pierre Vincent, de Jacques Lassalle à Patrice Chéreau ou Stéphane Braunschweig, souvenirs, anecdotes et réflexions, éclairent diverses facettes d’un personnage attachant à bien des titres. Ces propos sont judicieusement publiés dans une brochure - illustrée d’une trentaine de photos en noir et blanc - éditée par le TNS, qui constitue suivant les cas un rappel de mémoire ou une découverte.

Hubert Gignoux, Séance de travail au Théâtre du Vieux – Colombier, éditions du TNS, 95 pages.
Prix de vente 5 €. Diffusion TNS. Contact : n.trotta tns.fr

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