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Critiques / Comédie & Humour

Grosse chaleur

par Marie-Laure Atinault

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Depuis l’été 2003, tous les Français savent que le mot canicule ne désigne pas une race de caniche mais une grosse chaleur. Laurent Ruquier s’est mis sous le ventilateur de l’actualité pour traiter à sa façon ce drame du mercure et de l’isolement. Les protagonistes de sa nouvelle pièce sont en vacances dans le Luberon. Le maître de maison, un haut fonctionnaire (notre excellent confrère Pierre Benichou dont les responsabilités au Nouvel Observateur laissent manifestement beaucoup de temps libre) a interdit de séjour tous les médias. Ni télé ni radio ni journaux. Il veut la paix. La femme du rabat-joie (Brigitte Fossey) est une bourgeoise qui joue à être une Arielle Dombasle poétesse sans talent. Leur fils est un adepte de la Star’Ac. Les vacances seraient idylliques si sa belle mère était en Sibérie et que sa femme arrête d’inviter sa famille. En l’occurrence, sa belle sœur et son beau-frère, beauf à part entière (quoiqu’un beauf puisse en cacher un autre). Les intrus tiennent une boutique de farces et attrapes. Leur culture générale doit tout aux jeux télé et aux coussins peteurs. L’horreur ! Toutefois, les trublions amènent dans leurs bagages des jeux et des journaux. Eberlués, les vacanciers apprennent ainsi les ravages de la canicule. Ils sont même frappés de stupeur et de honte : leur nom est dans le journal.

Laurent Ruquier tuerait père et mère pour un bon mot. Le sujet s’y prête. Sa causticité, ses répliques à l’emporte pièce, ses réparties cinglantes donnent à ses personnages un caractère qui nous picote. La mise en scène de Patrice Leconte est très classique. Le succès de cette pièce sympathique doit beaucoup au phénomène télévisuel. Mais les partenaires du petit écran ne constituent pas pour autant une affiche irréprochable au théâtre. On ne peut ainsi qu’encourager Pierre Benichou à retourner à ses chroniques. A contrario, Jean Benguigui et Catherine Arditi sont inénarrables en couple beauf. Ils dégagent une humanité sereine très reconnaissable. Le jeu du maillon faible, gagné haut la main par Catherine Arditi est un moment de pure drôlerie. Bref, le public qui vient voir Grosse chaleur veut se distraire, sans chercher midi à 14 heures. Il aura l’heure pile.

Grosse chaleur, de Laurent Ruquier, mise en scène Patrice Leconte. Théâtre de la Renaissance. Tél : 01 42 08 18 50.

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