Gilgamesh

Un héros grand format

Gilgamesh

Moins connue chez nous que celle d’Ulysse, d’Enée, de Roland, l’épopée de Gilgamesh est pleine de héros et de combats, d’aventures et de dieux. Voici un condensé cavalcadant, toujours d’actualité, de ce chef-d’œuvre patrimonial lié à la découverte de l’écriture.

Gilgamesh est un super-héros depuis quatre mille ans : invincible, impitoyable, potentat, égocentrique, arrogant, orgueilleux… Il inquiète les dieux par l’expansion de son pouvoir et de ses conquêtes militaires. Ils lui façonnent donc Enkidu, un rival destiné à lui apprendre l’humilité de quelqu’un qui est capable d’accepter de perdre. Idée réalisée puisque les deux hommes deviennent amis mais idée à deux tranchants puisque l’expansion territoriale se poursuit.

C’est un trio qui prend en charge cette œuvre littéraire. Ils sont comédiens, conteurs, chanteurs, percussionnistes, projectionnistes d’ombres chinoises. Ils endossent tous les rôles avec une même crédibilité, passant sans coup férir de la violence à la sensibilité, de l’agitation à l’apaisement, de la soif de pouvoir à la réglementation de lois locales. Ils s’emparent aussi avec gourmandise de l’ironie des divinités complotant contre leur créature.

Sur un écran en fond de scène, apparaissent presque en grandeur nature les décors des épisodes, défilent des animaux et des protagonistes du récit. Leurs ombres sont animées avec finesse et précision. Elles sont grandioses ou intimistes, fixes ou mouvantes, en vision lointaine ou en gros plans rapprochés.

Cela suscite des points de vue variés dans une mise en scène qui n’en manque pas. Plateau ouvert pour les moments de larges actions, focalisation en bord de coulisses lors du colloque singulier du dieu-chef, délimitations redessinées par les éclairages d’espaces nocturnes ou diurnes. Tout souligne que le spectacle est actions.

Aucun risque d’attention qui faiblit. Les événements se pourchassent. Même fugaces, ils suggèrent que les ambitions guerrières de jadis ne sont guère différentes des actuelles. Et démonstration est dressée par les faits que l’écriture fut inventée en Assyrie afin que les scribes puissent raconter ce qui deviendra la littérature.

Rencontres du Théâtre jeune Public Huy [Be] Salle de Gym IPES vendredi 19 10h 16h samedi 20 11h 30
Dès 8 ans
Durée : 55’
Jeu : Sylvain GEOFFRAY Aurore LATOUR Jérôme NAYER
Adaptation, mise en scène Juan MARTINEZ
Conception, direction univers ombres, aide à la dramaturgie : Carine ERMANS
Musique : Alain GILBERT
Lumières : Karl DESCARREAUX
Costumes : Nicole MORIS
Conception tapis sol : Cécile BALATE
Construction structure : Stéphane DUBRANA
Lumières ombres : Mark ELST
Aide à la conception et construction des maquettes et silhouettes : Nicolas BOVESE, Eugénie OBOLENSKY, Tom VANCAENEGEM, Stéphanie VANDER MEIREN
Création : Théâtre des Chardons,
Coproduction : Théâtre du Tilleul, Pierre de Lune/Centre Scénique Jeunes Publics ( Bruxelles [Be]
Soutien : Fédération Wallonie-Bruxelles, Centre culturel de Dinant, [Be], Ekla/ Centre Scénique de Wallonie pour l’enfance et la jeunesse, Théâtre La Montagne magique, La Roseraie, Service de la Culture d’Ixelles [Be].
Photo : © Emilie Abad-Perick - Province de Liège
Lire : Philippe Rémy-Wilquin, « L’épopée de Gilgamesh », Bruxelles, MaelstrÖm reEvolution ; 2008

A propos de l'auteur
Michel Voiturier
Michel Voiturier

Converti au théâtre à l’âge de 10 ans en découvrant des marionnettes patoisantes. Journaliste chroniqueur culturel (théâtre – expos – livres) au quotidien « Le Courrier de l’Escaut » (1967-2011). Critique sur le site « Rue du Théâtre » (2006-2021)....

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