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Fables à la fontaine de Dominique Hervieu et Brigitte Massin

par Yves Bourgade

Trois regards de chorégraphes sur trois fables de La Fontaine

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Trois fables connues du fabuliste Jean de La Fontaine servent de point de départ à trois chorégraphes de trois pièces dansées réunies sous le titre « Fables à La Fontaine » et destinées à un « public famille » : ce sont : « Le loup et l’agneau », réglé par la Française Béatrice Massin », « Le chêne et le roseau », par la Brésilienne Lia Rodrigues, et « Le corbeau et le renard » par le Français Dominique Hervieu.

« Public famille », veut dire pour « petits et grands » qui n’ont inévitablement pas les mêmes connaissances. Or ce spectacle en trois parties (d’une vingtaine de minutes chacune) qui est proposé, n’est pas forcément compréhensible par tous, bien que chaque chorégraphe a conservé son esthétique (du hip-hop au classique déhanché) et que les interprètes « mouillent leurs chemises », ce qui ravit toutes les générations.

Dans « Le loup et l’agneau », que signe Béatrice Massin, on retrouve la disciple de Francine Lancelot qui, en France, contribua largement à la redécouverte de la plus authentique danse de l’époque baroque. Béatrice Massin fait naturellement danser ses deux interprètes sur de la musique du compositeur Marin Marais (1665-1728) avec lequel les pas et les mouvements des bras sont tantôt en accord, tantôt plus libres. C’est plaisant à suivre, mais on est loin de la fable et de sa morale. Pourquoi bouder son plaisir ? Après tout la chorégraphe elle-même dit : « A chacun de rêver sa fable comme il le souhaite…. »

Le lien avec la fable est encore moins évident dans le cas de « Le chêne et le roseau » qui justifie, pourtant, la création de Lia Rodrigues intitulée : « Contre ceux qui ont le goût difficile », une suite de numéros époustouflants et parfois drôles par deux artistes en solo ou en duo dont une contorsionniste aux talents certains dans son genre. La démarche de Lia Rodrigues est recevable, mais sa pièce, semble-t-il n’a pas sa place dans ce programme autour de La Fontaine.

Dominique Hervieu, avec « Le corbeau et le renard », reste fidèle à lui-même avec l’utilisation de projections, sur lesquelles il superpose certains de ses interprètes, lesquels dansent, par ailleurs, et font écho à la narration du texte de la fable de La Fontaine.

Ce spectacle à Chaillot autour de La Fontaine est l’occasion de rappeler, celui global, qui convoque architecture, décoration, éclairage, danse et musique, sur le même sujet signé par Robert Wilson avec la Comédie-Française en 2004, que l’on trouve et peut revoir sur le site de l’INA.

Photo : Benjamin Mengel

Salle Gémier, Chaillot, Théâtre National de la Danse, jusqu’au 16 octobre 2021 ; durée une heure ; réservation au 0153653000.

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