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Critiques / Opéra & Classique

Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni et I Pagliacci de Ruggero Leoncavallo

par Jaime Estapà i Argemí

Deux inséparables

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Cavalleria rusticana de Mascagni (1890) et I pagliacci de Leoncavallo (1892), sont très souvent programmés ensemble. Cela se justifie à plus d’un titre : la proximité des lieux (la Sicile n’est pas loin de la Calabre), la similitude des arrière-plans religieux (la fête de Pâques et celle de l’Assomption), le style « verista » des deux pièces ou encore les nombreux parallèles de leurs situations dramatiques .

Les deux opéras auraient donc pu se dérouler dans un seul et même lieu. Telle n’a pas été l’option choisie par Jean-Claude Auvray qui a confié les décors à Bernard Arnould. S’il a bien voulu rester dans un village sicilien dans Cavalleria, en revanche dans I pagliacci il a transporté le minable cirque ambulant de Canio sur les chantiers de la banlieue sordide d’une grande ville anonyme. Ce dernier décor aurait pu nous faire croire à certains moments qu’on était dans le film La strada de Federico Fellini. On peut alors se demander s’il a craint de lasser le public avec un décor unique, ou alors s’il a tenu à faire coïncider la spécificité des musiques -spontanée et abrupte pour Pietro Mascagni, plus lisse et académique pour Ruggero Leoncavallo- avec des décors parfaitement adéquats.

On aurait pu craindre le pire au début mais tout finit bien

Le soir de la première, les solistes l’orchestre et les chœurs ont mis un certain temps avant de trouver une démarche commune. Ce n’est qu’à partir du moment où Santuzza –Béatriz Uria-Monzon excellente dans le rôle principal de Cavalleria- a prononcé la phrase « Turiddu ascolta » (« Ecoute Turiddu ») que, comme par enchantement, l’équipe s’est mise à travailler de concert et dans la bonne direction. La qualité lyrique de la soirée a atteint son point d’orgue lorsque au second acte de I pagliacci le ténor Vladimir Galouzine -Canio- a exprimé son désespoir avec une grande générosité vocale et un savoir-faire dramatique consommé. Carlos Almaguer, le seul artiste participant aux deux pièces avec une égale maîtrise de ses personnages, nous a fait vivre quelques moments d’émotion profonde dans les rôles de Tonio l’accusateur jaloux et d’Alfio le mari trompé et violent. L’élégance de la ligne de chant de Luca Lombardo (Turiddu) et la grande présence sur scène de Viorica Cortez (Mamma Lucia) ont été très remarquées et très applaudies.

Cavalleria rusticana,opéra en un acte de Pietro Mascagni, livret de Guido Menasci et Giovanni Targioni-Tozzetti d’après une histoire de Giovanni Verga. Avec : Béatrice Uria-Monzon, Patricia Fernandez, Viorica Cortez, Luca Lombardo, Carlos Almaguer.
I pagliacci, Opéra en un prologue et deux actes musique et livret de Ruggero Leoncavallo. Avec : Nataliya Tymchenko, Vladimir Galouzine, Carlos Almaguer, Etienne Dupuis Stanislas de Barbeyrac.
Orchestre et choeur de l’Opéra de Marseille, enfants de la maîtrise des Bouches du Rhône. Direction musicale de Fabrizio Maria Carminati, mise en scène Jean-Claude Auvray.

Opéra de Marseille les 28 janvier, 2 et 4 février à 20h00 et les 30 janvier et 6 février à 14h30

Réservations 04 91 55 11 10 - www.opera.marseille.fr

Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni et I Pagliacci de Ruggero Leoncavallo
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