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Anna Pavlova

par Yves Bourgade

La biographie d’une légende par Martine Planells

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Les publications notables biographiques sur la ballerine russe Anna Pavlova (1881-1931) remontent à 1956 et 1980 aux Etats Unis. C’est dire le vide que comble la biographie qu’a publiée en français en cette fin 2019 la journaliste et spécialiste de danse Martine Planells, sous le titre Anna Pavlova l’incomparable .
On mesure à la lecture aisée et passionnante de cette somme scrupuleusement et abondamment documentée et annotée, la dimension mondiale de la notoriété de cette danseuse au charisme exceptionnel qui subjuguait tous ceux qui la voyaient en scène et dont la danse était vécue avec une rare intensité. Anna Pavlova était ce qu’on appelle une star, on dirait actuellement une icône, abondamment photographiée à la ville, à la scène et dans le privé, comme en témoigne un lot d’une vingtaine de photos sélectionnées pour cette biographie.
Pour la petite histoire, un gâteau à base de meringue, porte même son nom qui lui a été donné à la suite de tournées de la danseuse avec sa troupe en Australie et en Nouvelle Zélande dans les années 1920.
Si elle est passée à la postérité pour les amateurs de danse, ce n’est pas à la façon de Diaghilev et de ses Ballets russes révolutionnaires, remarque Martine Planells, mais par « l’engagement vital que chaque spectacle représentait pour Pavlova ».

Sa biographe française fait défiler la vie publique et privée de la Pavlova au long de 28 courts chapitres, de la naissance à Saint-Pétersbourg à sa mort dans un hôtel de La Haye, complétés notamment par une chronologie sélective, une liste des personnes citées avec leurs biographies succinctes (les proches, les partenaires et les autres)… et une abondante bibliographie.
Un chapitre de cinq pages intitulé Le cygne un chef d’œuvre est consacré à La mort du cygne, ce poignant solo de trois minutes que la Pavlova dansa toute sa vie et dont Martine Planells raconte les circonstances de la création en collaboration avec son compatriote russe, le danseur et chorégraphe Michel Fokine.
La biographe de la « prima ballerina » de la troupe du Marinsky de Saint-Petersbourg à partir de 1906, ne craint pas de prendre position face à « certains critiques et historiens de la danse » qui « minimisent à tort le rôle de Pavlova, ne voyant en elle qu’une danseuse conservatrice préoccupée avant tout d’elle-même ». Elle rappelle qu’elle a fait voir la danse classique occidentale sur tous les continents et s’adressait à des gens de toutes conditions sociales, ne craignant pas de danser dans des conditions précaires.

« Anna Pavlova , l’incomparable » de Martine Planells, éditions Gremese, 176 pages, 20€

Photo ©Herm.Leiser /Berlin 15

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