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Critiques / Opéra & Classique

Titanic

par Caroline Alexander

Un iceberg pour fondre en chansons

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Pour mettre en fête et en musique les joies de décembre, l’Opéra Royal de Wallonie à Liège offre à ses spectateurs la reprise bienvenue d’un succès créé il y a cinq ans : Titanic, la comédie musicale de Peter Stone et Maury Yeston qui décrocha cinq Tony Awards à Broadway et que Stéphane Laporte et Jean-Louis Grinda font à nouveau naviguer en langue française.

Jean-Louis Grinda, l’actuel directeur du Centre Lyrique de la Communauté Française de Belgique et futur intendant de l’Opéra de Monte Carlo, est l’homme de la diversité et des multiples casquettes. Dans sa belge Maison d’Opéra, il programme et met en scène un répertoire des plus variés, voguant du Ring complet de Wagner aux comédies musicales américaines, en passant par les chefs d’œuvre de Verdi ou les joyaux oubliés d’un Zemlinsky qui sera ressuscité en janvier prochain. On se souvient à Paris de sa version de Singing in the Rain qui se tailla un beau succès au Théâtre de la Porte Saint Martin. En ce moment même, toujours à Paris, on peut voir sa mise en scène de la comédie Sol en Cirque - bouffonnerie foraine pour petits et grands - qui triomphe au Bataclan au profit de l’association Sol en Si qui vient en aide aux familles touchées par le sida.

Un Titanic musical qui a gardé sa fraîcheur

Remis à flots dans ses impressionnants décors, des soutes aux ponts et à la cabine de pilotage, ce Titanic musical a gardé sa fraîcheur et son impact. Antérieur à la superproduction filmée de James Cameron, il tangue sur d’autres mélodies, de belles factures mais moins facilement transformables en tubes et rengaines à fredonner au petit matin dans sa salle de bain. C’est sans doute ce qui manque le plus dans cette réalisation minutieuse et parfaitement enlevée : le petit air qui fait esquisser trois pas de danse en sortant du spectacle. La musique et les lyrics de Maury Yeston sont solides mais n’ont pas la petite mais indispensable bouffée de génie d’un West Side Story, d’un Porgy and Bess ou de Chantons sous la Pluie...

L’insouciance première du paquebot de luxe

La troupe homogène et bien soudée prend visiblement du plaisir à recréer l’insouciance première du paquebot de luxe avec ses trois classes de passagers, leurs querelles et papotages, puis de plonger avec lui dans la tragédie devenue mythique de son naufrage. Dans le fumoir chic des premières, le piano plonge en pente rapide à l’autre bout de la pièce qui bascule debout au fond de l’océan... L’orchestre robustement dirigé par Bruno Membrey accompagne et orne les songs avec un peu trop de sérieux. Le temps d’entendre l’affolement en solo d’une bien jolie flûte traversière. L’iceberg a fondu.

Titanic de Peter Stone et Maury Yeston, version française de Stéphane Laporte et Jean-Louis Grinda, orchestre et chœurs de l’Opéra Royal de Wallonie, direction Bruno Membrey, mise en scène Jean-Louis Grinda et Claire Servais, chorégraphie Barry Collins, décors Eric Chevalier, costumes Michel Fresnay, avec trente solistes dont André Jobin, Antoine Normand, Jacques Duparc, Patrick Delcour, Jean François Lapointe, Leonard Grauss, Dominique Corbiaux Fabrice Todaro, Nathalie Pâques... Théâtre Royal de Liège, les 16,17,20,22,29,30 décembre à 20h, le 31 à 20h30, le 18 à 15h. Au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, le 7 janvier à 20h, le 8 à 16h. - 00 32 (0) 4 221 47 22.

Crédit photo : Jacky Croisier

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