Accueil > Thomas More

Critiques / Théâtre

Thomas More

par Jacky Viallon

Un homme pour l’éternité

Partager l'article :

Il y a des courants de pensées qui font florès et qui, une fois libérés dans l’univers philosophique, se dispersent, hibernent puis renaissent à travers de nouveaux relais. Tel fut notamment le cas pour Copernic, dont les idées furent condamnées par l’église, et pour Christophe Colomb, banni par ses contemporains. Galilée, lui, subira plus tard le même sort que Thomas More en son temps. Ce qui rapprochait ces hommes-là était leur foi en l’humanité. C’est pourtant cette foi qui perdra Thomas More.

La pièce de Robert Bolt s’intéresse aux rapports entre Henri VIII et Thomas More, ce dernier oscillant entre le soutien à son suzerain et son opposition. Plus précisément, la première opposition se profile lorsque Thomas More doit défendre, auprès du Pape, le projet de divorce de Henri VIII avec Catherine d’Aragon au profit d’un remariage avec Anne Boleyn. Par conviction religieuse et politique, Thomas More s’enferme dans son intégrité. Il s’attire ensuite les foudres de Henri VIII en refusant de le suivre dans la reconnaissance de sa suprématie sur l’église d’Angleterre. De même lorsque le Roi sollicitera son allégeance à la nouvelle reine. Cette intégrité et cette éthique ne sont pas sans rappeler les fondements de l’œuvre de cet humaniste : l’Utopie.

Réaliste et vivant

Le spectacle, extrêmement riche en clins d’œil, se veut d’une facture élégamment réaliste, voire « maniériste » au sens positif. C’est ponctué de picturalité justifiée, ne faisant pas appel à des artifices gratuits. Les comédiens, ainsi happés et mis en dynamique dans ces beaux ensembles, évoluent avec aisance à travers toutes les duplicités des personnages. C’est vivant, sainement démonstratif et le parti pris de réalisme est très cadré par un metteur en scène qui sait préserver la bonne distance.

La totalité de ce travail s’inscrit dans la globalité de la mythique architecture de ce lieu magique qu’est le Trianon. Crée en 1895, il a su renaître de ses cendres après l’incendie de 1902. Il vient à nouveau d’être sauvé, après une fermeture assez récente, grâce à la volonté de quelques artistes et financiers.

Thomas More. Mise en scène : Iris Aguettant. Assistants : Contreras Pratt / Cécile Maudet. Avec : Philippe Bardy, Marie-Aimée du Halgouët, Claire Rommelaere, Bastien Ossart, Olivier Fenoy, Vincent Joncquez, Christian Joubert, Jean-Matthieu Erny, Pierre-Jean Le Grégam, Contreras Pratt, Jean-Denis Monory, Loïc Devaux, Patricia Cettour/Anne-France Morel-Atuyer, avec la participation de Dominique Rozan, ex-Sociétaire de la Comédie Française. Traduction : Valérie Latour Burney Scénographie : François Destors. Musique : Eveline Causse, Bertrand Boss. Décors : les Ateliers des Forges. Costumes : Chantai Rousseau. Théâtre Trianon, Paris 18e. Jusqu’au 29 janvier, du mardi au samedi 20h30. Jeudi 19h30 et dimanche 16h. tel : 01 43 37 12 12. www.spectacle-thomasmore.com.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.