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Critiques / Théâtre

Sortie de scène

par Marie-Laure Atinault

Bedos + Bedos = Bedos

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Dans un grand salon, meublé d’un mur de livres érigé en rempart contre le monde illettré, de gros fauteuils et d’une télé, une femme, la cinquantaine épanouie, apporte un peu de chaleur à cet univers gris. Elle est la bonne à tout faire de Pierre Monceau, célèbre autrefois pour ses pièces comiques. Son humour grinçant rameutait les foules, remplissait les salles. Le vieil homme malade a perdu le sourire et il ne signe plus que des pamphlets, des essais polémiques, écrits d’une plume fiévreuse, atrabilaire, misanthrope. Rien ne trouve grâce à ses yeux. La maladie qui lui ronge le corps a entamé son sens de l’humour. Il faut l’humanité bon enfant et la tonicité roborative de sa bonne pour le supporter. Pierre Monceau crache sur tout le monde mais s’étonne tout de même de la désaffection des médias, qu’il méprise, et du public. Le destin, en la personne d’une jeune fille en colère, sa nièce, va cependant lui redonner le sourire.

Petit taureau qui éructe sur scène

Nicolas Bedos a beau dire qu’il a écrit la pièce sans penser à son père, tout dans son texte renvoie à ce petit taureau qui éructe sur scène. Guy Bedos a une carrière allant du duo comique, avec la piquante Sophie Daumier, au one man show, mêlant politique et invectives amères, avec quelques incursions théâtrales, en particulier un Arturo UÏ. Surtout, Bedos reste Bedos. Il peut bien feindre de s’abriter derrière ce personnage de Pierre Monceau, on voit avant cet humoriste à la dent dure et au cœur tendre. Ainsi, on aurait préféré que la pièce reste dans le ton de la comédie, comme c’est le cas dans la première partie, avec ce malade imaginaire version Saint-Germain-des-Prés. D’autant qu’Élisabeth Margoni donne à son personnage une simplicité de sentiments, un courage et une patience à toute épreuve. Elle est la porte-parole du public qui veut rire pour oublier le poids du monde.

Des personnages qui frôlent la caricature

Nicolas Bedos aurait dû s’attarder davantage dans cette voie pleine de bon sens. Les personnages du journaliste et du présentateur télé très ardisonnien frôlent la caricature. Daniel Benoin, qui signe la mise en scène, a probablement perçu les failles de la pièce. Il mise sur un décor à effets, qui ne suffit pas à sauver la situation. Certes, la pièce plaira surtout aux inconditionnels de Bedos. Ils retrouveront ses célèbres éclats de voix. Cette fois, on en espérait tout de même autre chose.

Sortie de scène, de Nicolas Bedos, mise en scène de Daniel Benoin, avec Guy Bedos, Elisabeth Margoni, etc. Théâtre Hébertot. Tél : 01 43 87 23 23.

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