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Billets d’humeur / Jacky Viallon

« Psychoclownesquerie »

par Jacky Viallon

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Série unique, sans suite, et sans queue ni pas beaucoup plus de tête quant à la polémique endémique qui sévit dans le milieu psychanalytique autour du phénomène d’identification repéré chez Freud et appliqué ici présentement en écriture directe par le couple thérapeutique anonyme analysé/analysant.

Extrait d’un entretien entre un clown professionnel et son psy, également professionnel ( Le statut du psy conventionné ou pas modifie la finalité du texte, à chaque clown/lecteur de faire son choix, c’est ce que nous appellerons dans un terme du domaine de l’affect : l’intéressement ou l’engagement. Pour être à la mode votre lecture est donc interactive )

Le Clown : Vous comprenez bien, docteur, que mon rapport au réel est littéralement détourné par cette tendance à vouloir m’inscrire de facture clownesque dans la tragique société d’aujourd’hui. Sans compter que je traverse une crise identitaire dûe au dédoublement permanent qui fracture pour ainsi dire de façon totalement phobique ma structure psychique en déstabilisant compulsivement mon conscient.
Je ne peux que vous renvoyer de toute urgence à la thèse de Jean Spizzo qui développe d’ailleurs très pertinemment « Symptôme du dédoublement et effet de miroir dans la dramaturgie Pirandendellienne. »
Il est vrai que j’affiche abusivement ma marginalité en chaussant de manière exhibitionniste cet appendice qui se rangerait peut-être du côté du « ça ». Alors dans ce « ça » se dissimule presque tout un chapiteau habité de multiples miroirs déformants, absorbants alors les images du réel pour nous les restituer au terme d’une course folle.
Clown contemporain, prisonnier de mon art, j’ai conscience, docteur d’être resté au stade nasal et de par mon exécutif immédiat je suis en projection permanente du réel et vous aide à expurger les valeurs emblématiques qui tapissent le mur de votre château imaginaire.
Quant à moi, usurpateur de symboles, pour valider ma mission, je retourne à ce réel, afin de vous replonger dans votre histoire vraie. C’est-à-dire, en clair, que je vous sollicite une participation financière telle que vous me le demandiez vous-même à l’issue de vos séances.
Permettez-moi de vous rappeler que vous insistiez sur cette participation en m’en vantant les bienfaits thérapeutiques en me précisant fortement que cet engagement matériel était nécessaire pour valider la séance.
Donc, aujourd’hui, au terme de cet entretien, pour respecter vos consignes je dois contre mon gré, vous facturer cette séance sur la base de votre tarif habituel qui était, malheureusement de 70 €. Bien sûr la présente est payable en espèce, chèque ou même carte de crédit puisque je viens de m’équiper de la petite machine.

Conclusion ou pensée du jour : Vous voyez docteur que ne nous sommes pas préparés à abandonner, encore, totalement ce monde du réel .

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