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Critiques / Théâtre

Pour un oui ou pour un non et Trahisons

par Jacky Viallon

Similitudes inattendues

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Il n’était pas évident de rapprocher, dans la même soirée, deux spectacles réunissant des textes de Nathalie Sarraute et d’Harold Pinter, pour mettre face à face d’inattendues similitudes. C’est pourtant ce qu’ont réussi les deux metteurs en scène, Pascal Laurens et Patrick Martinez. Car à la vision de ces deux spectacles magnifiquement aboutis, on en discerne rapidement des affinités méconnues jusqu’alors. Ce qui est remarquable, entre autres, c’est d’avoir ignoré, voir même écarté, les fameux temps de silence si spécifiques à chacun de ces auteurs. Les metteurs en scène ont su en saisir le contre-champ pour nous proposer un autre rythme de jeu, qui nous livre encore plus clairement le mécanisme des relations humaines. Ainsi, ces sortes de sous-conversations prennent davantage de densité et apparaissent dès lors nettement plus présentes dans les deux pièces. Cette lecture et cette mise en scène réveillent davantage encore la force qui sommeille dans les mots.

Rapports fulgurants entre des êtres

Cet heureux diptyque nous offre, par ailleurs, une version rythmée et même elliptique de ces deux textes qui restituent bien les rapports fulgurants entre des êtres. Les deux spectacles communiquent sur le même thème - celui de l’incompréhension de l’autre - et sur les effets des passés qui remontent. Pour servir ces options, les comédiens n’usent d’aucun artifice. Ils ne jouent pas, ils existent, occupent le plateau et les temps de paroles avec une intelligence surprenante. Ce qui est remarquable, c’est bien qu’étant dans une convention relativement distanciée nous soyons toujours en passe d’être convoqués par un éventuel réalisme. A la limite du coup d’œil en direction du public, on risquerait d’être invité à pénétrer dans ces appartements bourgeois pour participer à la fragilité des rapports entre les êtres. On découvre alors Harold Pinter et Nathalie Sarraute dans une facture inattendue. Il est vrai que les quatre comédiens (Carmen Brown, Pascal Laurens, Patrick Martinez, Mathieu Marinach), ont une telle complicité que l’on se demande s’ils ne vivent pas devant nous une sorte de psychodrame, proposé dans le cadre de certains types de théâtre forum. Il est fortement conseillé de voir les deux spectacles le même soir. Ils sont courts, efficaces, et, répétons-le, font l’objet d’une très belle performance d’acteur et d’intelligence de mise en scène.

Théâtre des Deux Rives à Charenton-le-Pont (94). Pour un pour un non, du mercredi au samedi à 19 h, le dimanche 17h30 et Trahisons, du mercredi au samedi à 21 h, le dimanche à 15 h 30 jusqu’au 27 février 2005. Tél : 01 46 76 67 00.

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