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Critiques / Théâtre

Piaf, une vie en rose et noir

par Marie-Laure Atinault

Rendre à Edith ce qui était à Piaf

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1 mètre 47, un grand front, des cheveux qui résistent à la mode, voici le portrait sans retouches d’une petite bonne femme au physique assez commun mais au charme légendaire. Avant de connaître le succès, les passants qui croisaient Piaf dans la rue ne prêtaient pas la moindre attention à cette fleur du bitume. Jusqu’à ce qu’elle se mette à chanter. Une voix à nul autre pareil.

Aujourd’hui, Edith Piaf a toujours une place privilégiée dans le cœur des Français. Elle a inspiré à Lelouch son film Édith et Marcel, une comédie musicale avec Nathalie Cerda qui n’avait pas convaincu. L’an dernier, La fille du père Gassion s’était penché sur le moment où Édith apprenait la mort de Marcel Cerdan, l’amour de sa vie. Toucher à un mythe est souvent sujet à critiques, il y a toujours des témoins, des résistances. Cette attitude est très française tant il est vrai que le public est attaché aux créateurs des rôles ou des chansons. Jacques Pessis a trouvé la parade : la conférence. La formule est astucieuse, informative et ludique. Cet Alain Decaux de la chanson nous raconte la vie de cette petite bonne femme que Maurice Chevalier surnommait "la môme". Il mêle la vie et la carrière, indissociables tant l’une nourrissait l’autre.

Joli coup de chapeau

Jacques Pessis brosse un portrait rose et noir de ce Pygmalion de tant de vedettes en devenir (Montand, Moustaki etc.). Il met les points sur les i, balaie les erreurs historiques et rend à Edith ce qui était à Piaf. Aurélien Noël joue à l’accordéon et Nathalie Lhermitte interprète les chansons de la petite bonne femme. Le moment où elle met une perruque et la célébrissime robe noire campant une Édith usée prématurément par la maladie est saisissant. C’est simple, sans effets grandiloquents, émouvant. L’excellente idée du spectacle réside dans sa simplicité de facture. Nathalie Lhermitte ne tente jamais d’imiter l’inimitable et garde sa personnalité de chanteuse. C’est un joli coup de chapeau, on se laisse emporter par La Foule, par L’Accordéoniste et bien sûr, on chante avec toute la salle L’Hymne à l’amour.

Piaf, une vie en rose et noir. Texte de Jacques Pessis. Interprétée par Nathalie Lhermitte. Accordéoniste Aurélien Noël. Mise en scène Rubia Matignon. Théâtre des Nouveautés.

Photo : B.M. Palazon

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