Accueil > Peau d’âme

Critiques / Théâtre

Peau d’âme

par Stéphane Bugat

La générosité qui forge les destins

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Un caractère cette Angèle ! 80 balais et quelques principes auxquels elle n’est pas prête de renoncer. C’est la faute à cette guerre, dans laquelle elle a plongé jeune fille. C’est la faute à ces camps que la France de Vichy avait installés pour faire les yeux doux à l’occupant nazi et où elle fut enfermée avec ses copines d’alors. Des camps pour femmes, en particulier, où se sont retrouvées, soudées par une inébranlable solidarité, juives, républicaines espagnoles, résistantes allemandes et françaises, tziganes, bref toutes celles qu’il convenait alors de considérer comme des "indésirables". Depuis, Angèle ne s’est jamais vraiment éloignée des chemins de traverse de l’ordre établi, épousant même un curé défroqué. Et aujourd’hui, lorsqu’elle voit que ce sont les gitans qui, cette fois, sont montrés du doigt, "indésirables" eux aussi, son sang ne fait qu’un tour. Son bout de terrain sera leur refuge. En souvenir d’une autre gitane, Kali, qui fut sa compagne d’infortune.

Un témoignage qui fait chaud au cœur

Angèle existe, du côté de Toulouse, même si c’est avec un autre prénom. Gigi Bigot l’a rencontrée, l’a écoutée. Elle est ainsi devenue le personnage de ce spectacle qu’elle a conçu en forme de récit, agrémenté de chansons populaires avec l’appui de Michèle Buirette à l’accordéon. En fait, son travail d’écriture est manifestement plus abouti que son interprétation, parfois hésitante, malgré la mise en scène simple et précise de Martine Dupré. Qu’importe ! Ce spectacle-là n’est pas conçu pour les salles immenses et les foules en délire. C’est un témoignage qui fait chaud au cœur et que l’on a envie de proposer, chez soi, à ses amis, les vrais. C’est une histoire que l’on voudrait raconter aux jeunes comme aux vieux, aux petits comme aux grands. La guerre, celle d’hier et celle qui, d’une certaine manière, reste toujours présente dans nos comportements et dans nos esprits, vue à hauteur d’homme - de femmes, en l’occurrence - là ou la générosité forge les destins.

Peau d’âme, écrit et interprété par Gigi Bigot, musique et composition Michèle Buirette, mise en scène Martine Dupré, création lumière Céline Le Bourdonnec. Espace Jemmapes, jusqu’au 6 mars, Tél : 01 48 03 33 22.

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.