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Critiques / Théâtre

Nathan le sage

par Stéphane Bugat

Une leçon de tolérance

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Le thème de cette pièce est vraiment bienvenu. En ces temps de fracas et d’intolérance, il y est en effet question du dialogue et de la compréhension entre les religions et, plus généralement, de la nécessité d’admettre le métissage comme une chance, un facteur de progrès. Ce n’est qu’à titre posthume que Lessing, dramaturge et polémiste, fut reconnu comme le rénovateur du théâtre allemand. Il n’en fut pas moins un généreux visionnaire.

Nous sommes en 1187, à l’époque des croisades. Saladin s’est rendu maître de Jérusalem et s’il combat fermement l’agression des chrétiens, au premier rang desquels les Templiers, il gouverne avec une ouverture d’esprit exemplaire. A Jérusalem, vit également Nathan, un riche marchand juif, surnommé Nathan le sage. Sa fille a été sauvée d’un incendie par un jeune et fougueux Templier, étrangement épargné par Saladin qui lui trouve une ressemblance avec son frère disparu. L’amour des deux jeunes gens va cependant avoir des effets en chaîne, dévoilant des secrets bien enfouis et provocant la colère du très intégriste Patriarche de Jérusalem.

Une parabole poétique

Tout cela, Lessing le raconte à la manière d’une longue parabole poétique. Ce qui en rend probablement difficile la représentation.
Dominique Lurcel, qui a déjà mis en scène la pièce en 1996, a choisi la carte de la fidélité, en l’abordant comme un classique à part entière. Cependant, son travail révèle vite un manque cruel de souffle et d’inspiration. Tout cela est lourdement statique, ce qui est encore accentué par une interprétation pour le moins inégale. On peut sans doute se raccrocher à un texte lumineux et à la personnalité de quelques acteurs (Bernard Malaka, par exemple, est un Saladin tout en nuances), mais le propos lui-même - sa pertinence et, à bien des égards, son audace - aurait mérité davantage de force et de créativité.

Nathan le Sage, de G.E. Lessing, adaptation et mise en scène de Dominique Lurcel, avec Simon Bakhouche, Philippe Catoire, Tatiana Chambert, Samuel Churin, Bernard Malaka, Jean-François Maurier, Magali Montoya et Françoise Thyrion. Théâtre Silvia Monfort, jusqu’au 8 janvier. Tél : 01 56 08 33 88.

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