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Critiques / Théâtre

Les Carnets de Harry Haller d’après Hermann Hesse

par Gilles Costaz

Un acteur figuratif

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Un écrivain seul chez lui, abattu, luttant contre une dépression qui lui a donné le dégoût de tout. Mais il renaît, remonte vers la surface et la vie urbaine. Il y a les autres, l’écriture, la musique. Mais comme il se sent seul et comme il aime sa solitude de « loup des steppes » ! Le metteur en scène Jean-Christophe Barbaud et l’acteur Frédéric Schmitt, sans que l’un ou l’autre signent l’adaptation, transposent sur scène le début d’un grand roman contemporain, Le Loup des steppes d’Herman Hesse (1927) et ils en tirent un monologue de théâtre tout à fait prenant, fondé sur le vertige de la pensée et un cheminement entre l’imaginaire et le concret de la vie.
Le décor ne comporte qu’un fauteuil et un discret pupitre. Des lumières et une bande son interviendront mais la mise en scène de Barbaud repose sur un style de jeu particulier. L’interprète, qui, avant tout, porte le spectacle sur sa présence et sa mobilité, est ce qu’on appellera un acteur figuratif. En un temps où le jeu littéraire, appuyé sur une esthétique du mouvement suspendu, domine, Frédéric Schmitt prend le parti contraire. Il multiplie les gestes, dessine avec les mains ce qu’il évoque, se déplace, tourne le dos au public ou, au contraire, va vers lui. C’est très gestuel et, en même temps, d’une grande sobriété car une telle agilité ne fait que ramener au principe théâtral d’un homme seul sur une scène vide et à la puissance modulée de sa voix. L’exercice est, à la fois, ambitieux et modeste. Il est maîtrisé de bout en bout.

Les Carnets de Harry Haller d’après Le Loup des steppes d’Hermann Hesse, mise en scène de Jean-Christophe Barbaud, lumières de Sophie Corvellec, avec Frédéric Schmitt.

Théâtre du Roi René, Paris, 19 h 30, du jeudi au samedi, tél. : 01 47 00 43 55, jusqu’au 7 mars. Reprise au festival off d’Avignon, espace Saint-Martial. (Durée : 1 h 30).

Photo Hervé Vallée.

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