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Critiques / Opéra & Classique

Les Brigands de Jacques Offenbach

par Caroline Alexander

Les brigands bien au chand dans leur antre

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Leur télescopage était fatal : la compagnie des « Brigands » révélée par quelques Offenbach de poche – Barbe-Bleue, Geneviève de Brabant, le Docteur Ox – allait forcément rencontrer l’Offenbach grandeur épique qui leur a donné son nom : voici donc Les Brigands farceurs du Second Empire pris en charge par Les Brigands loustics d’aujourd’hui. En format réduit : quinze musiciens dans la fosse et quinze chanteurs sur la scène se partagent une partition pour grand orchestre et une ribambelle de personnages. Le plaisir de la satire, les refrains facétieux n’en restent pas moins au rendez-vous. Même si leur appétit cette fois est un rien trop gros pour leur ventre.

Après leurs derniers succès autour d’opérettes françaises joyeusement kitsch des années vingt, Ta Bouche de Maurice Yvain et Albert Willemetz pour les lyrics puis de Toi, c’est moi du même Willemetz mais sur une musique de Moïse Simons, ils reviennent donc à leur compositeur fétiche et lui font la fête.

Les Brigands, opéra-bouffe dans la veine burlesque chère à Offenbach, naquit après les triomphes de Orphée aux Enfers, La Belle Hélène, la grande Duchesse de Gerolstein mais ne réussit pas à les égaler, ni sur le plan musical, ni sur celui de son livret, pourtant confié aux grands faiseurs Meilhac et Halévy . Où l’on voit une princesse espagnole partir épouser un prince italien moyennant une dot de trois millions. Où une équipe de bandits de grands chemins en ont vent et se mettent en route pour intercepter le magot. Le tout ficelé en gags et chansons pour épingler les travers d’une société bâtie sur les futilités des modes, sur la domination de l’argent et l’inefficacité de la police. Ce qui nous vaut quelques airs de bravoure, comme l’air du caissier et surtout celui, à marteler et fredonner des « bottes, des bottes » des carabiniers qui arrivent toujours en retard.

Aux manettes de l’orchestration on retrouve Thibault Perrine qui fait prendre à Offenbach un bain bouillant qui le rétrécit au lavage sans pour autant lui faire perdre ses couleurs. Mise en scènes et décors, toujours signés Loïc Boissier et Stéphane Vallé, Florence Evrard jouent le style brocante, canyons et castels de carton pâte,t éléments et accessoires fabriqués de bric et de broc. Les costumes également retrouvent la patte couture en folie d’Elisabeth de Sauverzac. La troupe quant à elle renoue avec quelques unes de ses têtes de pont à commencer par l’irrésistible Emmanuelle Goizé, métamorphosée ici en gavroche de charme, ainsi que le truculent Christophe Crapez - ex-docteur Ox, d’une production qui fit date – en Falsacappa ébouriffé et grande gueule de petit malfrat.

A la tête de sa quinzaine d’instrumentistes, Benjamin Levy tient toujours la baguette avec une fougue qui fait gicler les ritournelles et les leitmotivs.

Enlevés hop là ! ces Brigands d’Offenbach bien au chaud dans l’antre des Brigands de la compagnie qui leur a chipé leur nom, façonnent un divertissement joyeux et sans prétention où les enfants peuvent emmener leurs parents.


Les Brigands opéra bouffe de Jacques Offenbach, livret de H. Meilhac et L. Halévy, par laCcompagnie des Brigands, direction musicale Benjamin Lévy, mise en scène Stéphane Vallé et Loïc Boissier,, scénographie Florence Evrard, costumes Elisabeth de Sauverzac. Avec Emmanuelle Goizé, Christophe Crapez, Mathieu Cabanès, Gilles Favreau, Christophe Grapperon, Olivier Hernandez, Camille Slosse, Ainha Zuazua Rubira, Charlotte Plasse –
Paris – Théâtre de l’Athénée, les 21,22,24,25,27,28 février, 2,3,4 mars – du mercredi au samedi à 20h, les mardis à 19h, le 4 mars à 16h - 01 53 05 19 19.

Crédit photo : Claire Besse

En tournée à Lannion, Chelles, Narbonne, Marseille, Arras, Beauvais, Niort, Nîmes, Saint Louis et Vevey en Suisse jusqu’au 30 mai

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