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Critiques / Comédie & Humour

Les Acrostiches

par Jacky Viallon

Acrobatie musicale

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Les Acrostiches, ce sont d’abord quatre accroche-cœurs de la scène qui vous épinglent de leur malice, de leur charme et de leur fantaisie. Drôles de coquins qui vous entraînent dans des jeux corporels et musicaux qui nous semblent interdits, tant la prouesse est inattendue. Ils auraient pu être quatre clowns bedonnants ou une brochette d’échalas maladroits. Non, ce sont quatre beaux garçons à l’intelligence aussi agile que leur jeu corporel. Ils occupent d’emblée le plateau avec un sourire enjôleur et séducteur. On pressent, avec l’émerveillement d’un enfant, que l’on va assister à un spectacle malicieux et enlevé. Pour être enlevé, c’est enlevé ! Ils occupent adroitement l’espace, le font rebondir, le dilatent, le décomposent, le réduisent et l’éclatent. Le tout tiré, amené, déstabilisé par les fils d’une musique de percussions, dont l’utilisation est peu habituelle. Cette musique se garde d’être un élément d’accompagnement, elle est, comme dit Christian Coumin le metteur en scène, « intrusive ». Elle vient perturber l’image qui se compose en s’y installant à l’intérieur pour faire disjoncter la scène.

Une totale liberté

Le comédien musicien n’accompagne pas l’effet acrobatique mais le détourne. C’est là toute l’originalité. Il n’y a ni sous-titrage ni redondance. Il y a un élément actif qui vient se poser en superposition au tableau. On peut dire que la portée musicale vient perturber sournoisement la portée acrobatique pour offrir des distorsions peu convenues. Avec une rigueur invisible, on y respire une totale liberté. On a l’impression que ces quatre personnages évoluent sans contraintes, loin de toute apesanteur et de toute logique. Un geste en entraîne un autre ou l’en détourne de façon inattendue. Bref c’est tellement fantaisiste et fluide que l’on oublie l’acharnement et la discipline d’entraînement en amont de ce travail. Car c’est un véritable travail. L’Acrostiche, tu nous accroches, salut l’artiste !
Ça tient sur un joyeux déséquilibre constant, mais c’est d’une rigueur absolue, réglé au naturel. Spectacle vraiment qualifiable de tout public.

Les Acrostiches, de Jean-Philippe Cochey-Cahuzac, Philippe Copin, Christian Coumin, Christophe Leseure, Michel navarro. Mise en scène de Christian Coumin. Création musicale : Chritophe Leseure. Avec Jean-Philippe Cochey-Cahuzac, Philippe Copin, Christophe Leseure, Michel Navarro. Cour de la cinémathèque de Toulouse, les 22 et 26 février, les 1er et 5 mars à 20h30, le 6 mars à 16h. Réservation : 05 34 45 05 05.

Photo : Dominique Pariset

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