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Critiques / Théâtre

Le Menteur

par Marie-Laure Atinault

Podalydès dans ses oeuvres

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Le métier de valet n’est pas de tout repos. Cliton est débordé par son jeune maître Dorante. Le pauvre homme ne sait plus s’il sert le marquis de Carabas, le grand Turc ou le séducteur le plus entreprenant de la capitale. Dorante, à peine arrivé de Poitiers, s’enflamme pour Paris et les Parisiennes. Pour séduire, il s’invente une vie trépidante. Ses aventures enflent au fur et à mesure qu’il tourbillonne. Quiproquos, jeux de miroir aux alouettes et mensonges homériques sont le quotidien de notre provincial insupportable. Dorante, comme un papillon attiré par la lumière, va se brûler les ailes au feu de la vie.
Corneille est un auteur dont on ne se lasse pas de découvrir ou de redécouvrir les pièces. Le Cid est l’arbre qui cache une forêt dense, avec des coins retirés. Le Menteur est un tourbillonnement. Les comédiens sont lancés comme des toupies dans des rebondissements à tiroir. L’œuvre est pleine de couleurs pastel chargées de nuances.

Denis Podalydès en galant frivole

Jean-Louis Benoit travaille en sympathie à la Comédie Française. Le plateau lui réussit bien. Le Révizor et Le Menteur semblent être des cousins germains. La même frénésie de profiter de tout, une facilité à tomber amoureux. La pièce exploite les variétés d’humours, les ressorts comiques des quiproquos, touchant à des registres différents.
Denis Podalydès est entré au Français pour jouer Le Révizor. Il est ici Dorante le menteur et il excelle dans ce galant frivole, mentant à tout bout de champ, jusqu’à l’ivresse. Denis Podalydès est drôle, touchant, exaspérant. Il imprime à son personnage la flexibilité d’un ressort de montre. Jean-Louis Benoit, à la mise en scène, c’est un gage de qualité et de plaisir, sans prétention. Avec son décorateur Alain Chambon, ils ont posé les bases d’un grand décor, préférant la souplesse de rideaux noirs, la légèreté de grands panneaux et le raffinement des costumes d’époque. Le procédé permet une hilarante scène du balcon. Jean-Louis Benoit est un gourmand des textes. Il a souligné la juvénile tendresse de cette pièce qui est une ode à la pure joie verbale. La troupe du Français est excellentissime.

Le Menteur, de Corneille, mise en scène Jean-Louis Benoit, avec Bruno Raffaeli Denis Podalydès. Comédie Française. Tél : 0.825.101.680.

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