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Critiques / Théâtre

Le Jour qui vient de Christian Giudicelli

par Gilles Costaz

Frôlements d’une nuit d’été

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Christian Giudicelli nous fait instantanément penser au Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Mais, dans Le Jour qui vient, nous sommes dans l’ère moderne, avec des trains et des problèmes d’argent, sans fantastique et sans êtres surnaturels. Dans une villa de la côte méditerranéenne et sur la plage, quelques jeunes et une femme qui ne veut pas avoir perdu sa jeunesse se croisent, se connaissent, se frôlent, jusqu’à ce que le petit matin les sépare provisoirement ou pour toujours. C’est d’abord un couple de garçons qui dialogue en se souvenant d’un moment d’intimité encore proche. Mais les jeunes filles vont les prendre dans leur ronde ou le temps d’un duo. Un gaillard veut rester dehors, c’est un faux ou vrai migrant ; il est cultivé, il a lu Rimbaud, il est séduisant… Chacun joue ; d’ailleurs, l’une des jeunes femmes est comédienne. Mais la vie est plus forte que le jeu.
Le parti pris de la mise en scène de Jacques Nerson (plus connu comme critique que comme metteur en scène) est d’utiliser la petite scène des Déchargeurs comme une boîte à jouets. Dans la première seconde, un poème d’Aragon est suspendu comme un texte écrit sur un tableau noir (« On veille on pense à tout à rien »). Quelques marionnettes interviennent. Une maison miniature, éclairée en des points différents, suggère l’endroit où se passe telle scène puis telle autre. Les comédiens ne quittent jamais le plateau et s’assoient sur les côtés quand ce n’est pas à eux de jouer (selon l’idée mise à la mode par Stanislas Nordey il y a une vingtaine d’années). Ce jeu d’échelles est plaisant – mais marche moins bien quand l’un des personnages sort avec un vélo en modèle réduit. Giudicelli fait parfaitement vibrer de micro-émotions. Les acteurs, Léa Dauvergne, Melik Dridi, Marlène Gnissel, Muriel Gaudin Marie Nègre, Agelo Pattacini, Roman Touminet ont tous quelque chose de brûlant et de personnel. Nerson mène bien leurs danses intimes et physiques. Joli manège.

Le Jour qui vient de Christian Giudicelli, mise en scène de Jacques Nerson, collaboration artistique d’Eric de Sarria, décor et costumes de Clair Belloc, mrionnnettes par Eugenia Piemontese, lumières de Stéphne Deschamps, avec Léa Dauvergne, Melik Dridi, Marlène Gnissel, Muril Gaudin Marie Nègre, Agelo Pattacini, Roman Touminet.

Les Déchargeurs, 19 h 30, tél. : 01 42 36 00 50, jusqu’au 29 juin

Photo Christophe Raynaud de Lage.

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