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Critiques / Théâtre

La vérité toute nue

par Marie-Laure Atinault

Toute critique est-elle bonne à écrire !

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A l’université, ils étaient trois amis, Sam, Adrian et Eleanor (Mel pour les intimes). Ils avaient des ambitions littéraires et pourfendaient les compromis.
Plusieurs encyclopédies plus tard…

Adrian et Mel sont mariés. Ils vivent à la campagne loin de la vie Londonnienne et du petit monde de l’édition. Mel s’est mise avec bonheur à la céramique et dévore la presse. Adrian traîne, lui écrivain qui connut le succès ne se remit pas d’une mauvaise critique. Sam débarque dans leur cottage entre deux avions. Le grand Sam est un scénariste célébrissime pour ses séries à succès. Hollywood lui fait un pont d’or. Mais Sam est hors de lui. Il s’est fait piéger comme un débutant par Fanny Tarrant. Il a accordé un entretien à cette vipère aux crocs incisifs dont les portraits au vitriol font vasciller les meilleures réputations. Sam, qui se croit irrésistible et très malin, a fait à la séduisante Fanny des confidences qu’il retrouve étalées perfidement dans le tabloïd du dimanche.Adulé oui, critiqué non !

Sam vient demander à Adrian son aide pour piéger Fanny Tarrant avec ses propres armes. Mais Adrian est-il muni d’un aspi-venin ? Fanny a-t-elle déguisée la vérité ? Les proverbes sont toujours justes, cette bonne philosophie populaire aurait mérité plus d’attention de la part d’Adrian, Sam, Mel et Fanny. Et une nouvelle arrive, le scoop des scoops qui les renvoient tous sur leur banc de touche des petites vanités.

David Lodge expose un monde qu’il connaît bien. Il donne à chacun de ses personnages, des traits, des caractéristiques bien marquées, comme étant le représentant d’un genre défini, mais son habilité est telle qu’il évite toute caricature ronflante. Sa pièce est admirablement construite, et on se laisse piéger jusqu’à la dernière scène. Christophe Correia est un metteur en scène qui aime les comédiens, ne croyez pas qu’il s’agisse d’une lapalissade. Il orchestre ici quatre grands solistes dans cette partition délicate. De Claire Nebout sulfureuse et vipérine à Isabelle Renault sensible à Jacques Frantz le géant aux pieds d’argile à Patrick Raynal toutes en nuances et que l’on aimerait voir plus souvent au théâtre. (Il faut souligner l’élégant décor de Patrick Farru qui nous plonge en Angleterre.) « La vérité toute nue » est une pièce que l’on voit avec bonheur sans se voiler la face.

"La vérité toute nue" de David Lodge, mise en scène Christophe Correia, avec Claire Nebout, Isabelle Renauld, Patrick Raynal, Jacques Frantz
Théâtre Marigny, salle Popesco - Loc : 01 53 96 70 20

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