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Billets d’humeur / Jacky Viallon

"La photo" de Gérard Marché

par Jacky Viallon

L’Art du silence dans le discours photographique de Gérard Marché

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À l’heure où tout s’électrise, s’informatise, se « rapidalise » à la seconde du « Je ne regarde plus rien » au règne de sa majesté « Je n’ai pas le temps » et de son premier bouffon « Y a que moi qui m’intéresse » Il y a encore quelques âmes désintéressées qui savent s’arrêter sur le monde.

Nous pensons à ces photographes qui, silencieusement, témoignent dans l’ombre des restes de notre monde… Témoins ou fixateurs, marque-pages ou documentalistes, les voilà tout simplement avec leur second œil de verre à faire des clins d’œil au monde pour en saisir, un trait, une esquisse, un angle de monument qui vont se projeter de manière hallucinatoire dans notre imaginaire. Ouverture splendide du quotidien ou la photo ouvre immodérément des brèches à images d’où s’échappent à flots des interprétations agitées et mouvantes.

Alors, il pourrait y avoir, dans l’œuvre du photographe Gérard Marché, les traces pertinentes d’une réflexion affirmée par Jean Dubuffet ; dans une des pages du bien trop riche essai « L’homme du commun à l’ouvrage » il reprend cette idée :
« …L’attention tue ce qu’elle touche. C’est une erreur de croire qu’à regarder les choses attentivement vous allez les connaître mieux, car le regard file comme le ver à soie, si bien qu’en un instant il s’enveloppe d’un cocon opaque qui vous prive de toute vue. C’est pourquoi les peintres qui écarquillent les yeux devant leur modèle n’en captent plus rien du tout. »

En fait ce qui fait force dans la photo de G. Marché c’est le fait de ne pas reconnaître la difficulté de l’exécution.
L’appareil parcourt la vie et parfois, de manière inattendue, la traverse hors des clou.
Mais sur quel genre travaille-t-il, demanderez-vous ?
- Sur rien en particulier…. Il n’est pas faiseur, ne suit aucune mode, ne veut rien prouver, ni missionner dans ces « clichés ».
L’auteur oublie l’effet pour l’effet, « l’effet de mode », nouveau prédateur à la solde du petit caporal « Tendance » premier chefaillon de la section « Ridiculus-M’as-tu-vu ».

Ne cherchant pas à tout prix à nous communiquer sa vision, il nous offre simplement à voir… les images de la vie sans interprétation. Mais faudra-t-il encore savoir les regarder, et comme dirait un auteur présentement non assignable : « …La vie c’est comme ça…C’est rempli d’images, mais si on ne sait pas les regarder elles ne s’arrêtent pas pour nous dire merci .
Bref, le mieux c’est d’aller voir ce qu’il fait, et tout de suite si vous voulez vous réconcilier avec votre « sensibilité objective ».

Allez visiter son site : http://gmarche.free.fr vous y découvrirez une talentueuse simplicité :
D’une franche modestie Gérard Marché ignore probablement son talent. Sans faire faussement provençal on peut dire qu’il cultive « l’authentique ». Il le sait où ne le sait pas, qu’importe, la photo existe. Il sait aussi chiper son « acteur » au bon angle, sans complaisance esthétique mais justement à « l’angle de son histoire. ». C’est peut-être ainsi que se communique la vraie beauté.
En fait, il sait que comme pour la scénographie, l’image évocatrice va bien au-delà de la marge et des coulisses.

Contacts : http://gmarche.free.fr

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