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Critiques / Opéra & Classique

La Vie Parisienne de Jacques Offenbach

par Caroline Alexander

Charivaris de fête

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Pour finir l’année avec le sourire l’Opéra de Lyon remet à l’affiche un spectacle qui avait déjà égayé les derniers jours de l’an 2007 : La Vie Parisienne de Jacques Offenbach mise en charivaris étourdissants par Laurent Pelly et son équipe réinvestit donc le plateau de la scène lyonnaise avec sa gare Saint Lazare survoltée, son faux Grand Hôtel, sa brasserie de carrefour et son petit monde monté sur les ressorts du désir.

Le baron de Gondremarck, touriste suédois lesté de son épouse, débarque dans la ville lumière, capitale de l’amour, bien décidé à « s’en mettre jusque-là ». La baronne tape dans l’œil de Raoul de Gardefeu qui se fait passer pour guide et les promène dans les illusions de son propre délire. Sous les panneaux de pubs, Lido et bateaux mouche, la gare bruisse de monde, fait clignoter ses panneaux horaires, rassemble une troupe d’employés syndiqués qui revendiquent sous leurs banderoles. Des policiers arrêtent un drôle de Brésilien narcotrafiquant qui se révélera star du foot, des fofolles trainent leurs valises à roulettes, des voyageurs pressés passent au galop. Effet du costume : le ballet des flics en blousons bleus siglés POLICE est hilarant, les bouts de textes rajoutés à ceux de Meilhac et Halévy les assaisonnent d’irrévérence joyeuse.

Rires en cascades

Une irrévérence qui grimpe jusqu’aux oreilles avec ce concerto pour klaxons bondissant sur une muraille tapissée de lampions pour meubler le temps d’un changement de décors. Plan de Paris, plan de métro, les toiles de fond sont vissées aux symboles de la capitale. La ville en Légos de carton pâte blanc, des colonnes Buren miniatures pour sièges, une Joconde accrochée la tête en bas et qui vous fixe à l’envers, une table qui devient balançoire pour bercer le baron quand il est gris… Les gags se ramassent à la pelle, course au fric, course au cul, les quiproquos, les polissonneries voltigent sans jamais s’écraser dans la grossièreté. Le tout déclenchant les rires en cascades et les envies de se trémousser sur le rythme effréné de la musique.

Impayable Guy de Mey

Laurent Naouri fait de Gondremarck un vieil ahuri irrésistible, Jean Sébastien Bou s’affole en Gardefeu émoustillé, Blandine Staskiewicz/Métella joue les vamps évaporées, Sophie Marin-Degor en gantière et fausse veuve de colonel fait fuser des aigus qui décoiffent, le Brésilien de Tansel Akzeybeck n’a pas de voix mais une tignasse qui frise… Mention spéciale pour l’impayable Guy de Mey en bottier lubrique, le timbre toujours limpide, le jeu bouffon et la diction perlée. Ce Flamand qui sait ce que parler français veut dire est l’un des seuls à faire entendre le texte. En l’absence de sur-titrage (sinon sous forme de plaisanterie quand les Gondremarck sont sensés parler suédois) cette clarté d’expression a son prix, même si les dialogues n’ont pas une importance primordiale dans le rythme de l’ensemble. Que Gérard Korsten dirige en nuances chatoyantes un rien paresseuses.

D’un monde à l’autre, on retrouvera bientôt Laurent Pelly à La Monnaie de Bruxelles où il met en scène la Cendrillon de Jules Massenet.

La Vie Parisienne de Jacques Offenbach, livret de Henry Meilhac et Ludovic Halévy. Orchestre et chœurs de l’Opéra National de Lyon, direction Gérard Korsten, mise en scène et costumes Laurent Pelly, décors Chantal Thomas, lumières Joël Adam, chorégraphie Laura Scozzi. Avec Jean-Sébastien Bou, Boris Grappe, Blandine Staskiewicz, Laurent Naouri, Michelle Canniccioni, Sophie Marin-Degor, Guy de Mey, Tansel Akzeybeck, Thomas Morris, Brigitte Hool, Jean-Louis Meunier, Claire Delgado-Boge.

Retransmission en direct sur France Musique le 4 décembre à 16h.

Opéra de Lyon, les 28, 29 novembre, 1, 5, 7, 8 décembre à 19h30, le 4 à 16h.

0 826 305 325 – www.opera-lyon.com

Photos : Michel Cavalca

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