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Critiques / Opéra & Classique

La Fanciulla del West de Giacomo Puccini

par Charles Rosenbaum

Western Spaghetti Opera

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La Fanciulla del West de Puccini est une constante des programmes du Covent Garden, Royal Opera House of London. Et c’est justice car les mélomanes restent toujours aussi enchantés. Si la fin n’avait pas été aussi ratée, cet opéra-là aurait été le meilleur des opéras de Giacomo Puccini.

Marcel Marnat, celui qu’il convient de classer parmi les meilleurs puccinologues, ne dissimule pas sa prédilection pour « la Pucelle des Cloudy Mountains ». Il déplore que cette « Fanciulla » soit le moins joué des grands opéras du maestro toscan. On ne s’explique pas le désintérêt des scènes lyriques françaises qui ne l’ont pas produit depuis 1912 à l’Opéra de Paris. Il fut été crée au Metropolitan Opera de New York par le grand Arturo Toscanini en présence de Puccini en personne et interprété par les plus grands chanteurs du moment. Enrico Caruso, Emmy Destinn flamboyaient à l’affiche d’un spectacle qui connut un succès immédiat et jamais démenti aux Etats Unis.

Minnie Tebaldi et Johnny Guitar

La Minnie de référence reste de loin Renata Tebaldi, mais tous les grands sopranos ont chanté le rôle. Parmi les meilleurs interprètes de Dick Johnson-Ramirez figurent Franco Corelli, le beau Mario del Monaco et surtout Placido Domingo. Le sujet était pleinement américain puisqu’il situait l’action dans les années 1850 en Californie au moment de la Ruée vers l’Ouest par les mineurs d’or (doggers). Cette épopée de l’histoire américaine a été illustrée au cinéma par de nombreux westerns américains ou western spaghettis italiens.

La Fanciulla del West ou encore La Fille du Far West est typiquement un opéra western spaghetti avec la belle, la brute et le truand. Les cinéphiles-mélomanes ne manqueront pas de faire un rapprochement avec le chef d’œuvre de Nicholas Ray « Johnny Guitar » avec Joan Crawford et Sterling Hayden. L’histoire est quasi identique mais le livret de Belasco est faible.

Minnie est la tenancière d’un saloon « La Polka ». Elle serait la vierge au milieu de vauriens esseulés à qui elle tente d’inculquer des notions de la Bible. Elle est courtisée par le shériff Jack Rance. Un visiteur se présente sous le nom de Dick Johnson de Sacramento, qui n’est autre que le braqueur de Wells Fargo. Reconnu par ses anciens intimes Johson-Ramirez sera pendu. Il faudra l’intervention de l’angélique Minnie pour le sauver de la pendaison et l’amener à la rédemption.

On ne chantonne pas la Fanciulla

Tout cela paraît aussi fade qu’invraisemblable mais Puccini n’a pas lésiné sur les moyens pour écrire une très belle composition lyrique. C’est de tous lss ouvrages pucciniens celui qui bénéficie de l’orchestration la plus étoffée et la plus variée. On y trouve en prime des glockenspiels, célestas, harpes, piccolos. Les airs courts en général sont très beaux. Et pourtant cela ne marche pas. A l’instar des autres opéras de Puccini, on ne retient rien, on ne chantonne pas La Fanciulla. Et c’est sans doute une explication de son succès trop relatif.

Eva-Maria Westbroek grand prix de la Presse Musicale Internationale

Pierre Faggioni n’avaIt pas à forcer son talent. Sa mise en scène, en place depuis des décennies tient le coup. Son ambiance est toujours autant westernisée. Minnie, Eva Maria Westbroek, est une bien belle Fianciulla. Elle met à son service toutes les qualités vocales qui ont triomphé à Paris, à Aix en Provence, à Bayreuth et qui lui ont largement valu le Grand Prix de la P.M.I. Presse Musicale Internationale. José Cura est un habitué du rôle de Dick Johnson-Ramirez. Le ténor argentin est le digne partenaire de Eva-Maria Westbroek et du baryton italien Silvano Caroli parfait titulaire du rôle ingrat du shériff Jack Rance.

Le chef anglo-italien Antonio Pappano est apparu en grande forme pour sa septième année au Royal House. 

La Fanciulla del West, opéra en trois actes de Giacomo Puccini, livret de Guelfo Civinini et Carlo Zangarini , d’après la pièce de David Belasco « The Girl of Golden West ».créé au Metropolitan Opera de New York le 10 décembre 1910.
Mise en scène de Piero Faggioni, décors : Kenneth Adam – Chœurs et Orchestre du Royal Opera House – direction musicale : Antonio Pappano Minnie : Eva-Maria Westbroek – Dick Johnson, Ramirez : José Cura - Jack Rance : SilvanoCarroli – Nick : Bonaventura Bottone

Royal Opera House – Covent Garden de Londres

Crédit photo : catherine.ashmore

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