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Critiques / Opéra & Classique

La Cenerentola de Gioachino Rossini

par Caroline Alexander

Humour et fantaisie d’une Cendrillon de carnaval

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La Monnaie de Bruxelles accueille une savoureuse production de La Cenerentola de Rossini imaginée et mise en scène par les Comediants, un collectif d’artistes catalan dirigé par Joan Font - qui est Espagnol comme son nom ne l’indique pas -. Ces collectifs semblent être une spécialité catalane : on connaissait celui de La Fura dels Baus qui nous avait tour à tour affligés avec une Flûte enchantée tronquée (voir webthea du 27 janvier 2005) puis enchantés avec un doublé Janacek/Bartok, le Journal d’un disparu et le Château de Barbe Bleue (voir webthea du 6 février 2007).

Les Comediants sont de la même veine irrévérencieuse et imaginative. Leur Cendrillon de bande dessinée qui s’est déjà posée sur les scènes d’un certain nombre de maisons d’opéras (en Angleterre, en Suisse, aux Etats Unis) réussit en tout cas un joli tour d’alchimie entre fantaisie visuelle et dynamisme musical.

Rossini chez Guignol

Ici le réalisme n’a pas cours. Toute tentative de transposition socio-politique reste accrochée au vestiaire des modes et des idées reçues. Le royaume de Joan Font est peuplé de marionnettes vivantes manipulées par un invisible Arlequin échappé de quelque commedia dell’arte. Costumes de carnaval bariolé, décors de castelet géant, jeu à la loufoquerie codée et petit escadron de souris bienveillantes qui servent à la fois de lot de consolation et de machinistes et qui battent la mesure de leurs longs nez pointus : c’est un peu Rossini chez Guignol avec un joli supplément d’âme et de poésie.

Une Cendrillon de charme et d’aplomb

Comme souvent à La Monnaie une double distribution se partage les principaux rôles. Ce jour-là l’Américaine Jennifer Larmore prenait le relais de l’Espagnole Silvia Tro Santafé pour une Cendrillon de charme et d’aplomb, jolie fille, jeu sincère et jolie voix, médium satiné s’offrant quelques vibratos en broderie. On y croit. Comme on croit aux deux méchantes sœurs, leurs perruques jaunes et rouges montées en Chantilly, interprétées par deux vraies sœurs, Raffaella et Giorgia Milanesi qui visiblement s’amusent à camper leurs personnages d’épouvantails. Magnifico conventionnel de Donato di Stefano, Don Ramiro aigrelet et pas vraiment à l’aise de Nikolay Borchev mais superbe Alidoro par François Lis qui, de rôle en rôle, affirme ses qualités de basse souple et de comédien.

Des tempos qui s’envoent en volutes aériennes

Marc Minkowski n’avait pas encore dirigé Rossini. A entendre ce qu’il obtient de l’Orchestre symphonique de La Monnaie, on en redemandera tant et plus. Toute la palette des couleurs rossiniennes se trouve magnifiée dès l’ouverture sous sa baguette agitée, les tempos qui s’envolent en volutes aériennes, le dynamisme des attaques, la parfaite adéquation aux acrobatiques sextuors et septuors vocaux que les solistes exécutent au galop. On est conquis !

La Cenerentola de Gioachino Rossini, livret de Jacopo Ferretti, orchestre symphonique et chœur d’hommes de La Monnaie, direction Marc Minkowski, mise en scène Joan Font, décors et costumes Joan J. Guillen, lumières Albert Faura, chorégraphie Xevi Dorca, chef des chœurs Piers Maxim. Avec Jennifer Larmore (en alternance avec Silvia Tro Santafé), David Alegret (en alternance avec Javier Camarena), Nikolay Borchev (en alternance avec Lionel Lhote), Donato di Stefano, Raffaella et Giorgia Milanesi, François Lis (en alternance avec Ugo Guarliardo).

Bruxelles – La Monnaie, les 10, 11, 14, 15, 16, 17, 21, 22 octobre à 20h, les 12 & 19 octobre à 15h.

+32 (0) 70 233 939 – www.lamonnaie.be

(c) Sébastien Forthomme

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