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Billets d’humeur / Jacky Viallon

L’allusion comique

par Jacky Viallon

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Titre :« L’allusion comique » traduction et adaptation à la vie courante par Jacky Viallon, Pré-texte pour polémiquer très brièvement sur « Discours du nouveau directeur de l’Odéon » d’Olivier Py, Ed.Actes-Sud, nov.07.

Sous-titre obligatoire : « Le spectateur, le théâtre et tous ceux qui n’y comprennent rien…… » On pense bien sûr spontanément et indubitablement au joyeux titre dansant d’une des pièces courtes d’Olivier Py : « La jeune fille, le diable et le moulin… » Oui c’est vrai !

Attention, ce qui suit est enfin le début de l’article, et il est nécessaire de le lire dans le sens de la marche, de manière laïque, c’est-à-dire, sans signe ostentatoire. Donc de gauche à droite, en respectant la ponctuation prescrite.
Vous faites ainsi comme si vous étiez chez Proust et non pas comme si vous étiez chez vous ( Pour ceux qui sembleraient égarés se référer au « Traité de la ponctuation française » de Jacques Drillon. Ed.Gallimard, 479 p. Juin 91).

À l’époque de l’ultra-définition et du concept du plus-que-pointu, de l’obscurantisme-brillant, du noie-moi-le-poisson-pendant-que-je-parle-la-langue-de-bois, nous, les sans prétention, les témoins du réel, colporteurs et représentants de commerce du rêve, les traducteurs de plaisir aux airs de néophytes fatigués par une thèse d’anthropologie, les faire semblant d’un mot à la place d’un autre… Que fait-on de nous ?

Que fait-on, nous, les susnommés du jour, c’est-à-dire les autorisés à vivre ! Les inattendus du destin… Et bien monsieur, nous vivons ! Nous vivons du temps de l’air que nous respirons, cachés dans le généreux giron drapé de notre manteau d’arlequin. Chacun jouant sa merveilleuse, magnifique et unique farce, sans honte de vivre et de respirer sur le compte d’un air collectif. Dans l’attente de pouvoir traduire nos images avenantes dissimulées sous le voile, disons presque sous le saint suaire de notre imaginaire.

Chacun sait que l’individu est en attente de ces images pour échapper à la godille de la vie et éviter le contact poisseux avec les sirupeux petits écrans domestiques ou autres servitudes technologiques. Qu’il y a encore quelque part, même s’ils ne surgissent qu’à la dernière sonnerie dans les halls de théâtres égayés, des sortes de spectateurs agités par des sommeils éveillés et qui cherchent encore aux dires d’Olivier Py des présences au lieu d’images « Le théâtre n’est pas marchand parce que la marchandise est toujours une image et l’image presque toujours une marchandise, et le théâtre est le contraire d’une image, il est présence… »

Alors, tel un berger, pâtre conteur et presque apôtre des classiques écritures Olivier Py nous extirpe des plis de sa robe de bure un petit fascicule qui pourrait bien passer pour un erratum au « Petit organon » de Brecht, mais c’est tout simplement son discours d’entrée en tant que directeur du théâtre de l’Odéon. Discours laïque, certes, mais peu académique puisqu’il se situe et intervient dans son discours en tant que « Directeur » ou que « Moi-même ». On y entendra aussi les interventions de sa « Crémière », de sa « Maman » de « l’Homme politique en campagne » et même de « La Mort » qui veut avoir le mot de la fin.

Il se réfugie alors derrière ces effigies pour parler par procuration de certains sujets qui peuvent rendre nerveux : Théâtre politique ? Art élitiste, au dire de la crémière. Et pour terminer faire parler la Mort qui posera la question exaspérante pour un vivant sans réponse : « Qu’est ce qui restera de tout ça ! » .

Le jour où le discours a été prononcé fut certainement un grand moment . Heureusement, il nous reste aujourd’hui une trace éditée et les photos qui accompagnent et bouclent le fascicule comme tombe un rideau de scène donnent une densité colorée et agréable à cet ouvrage. Son apparence, mi-photographie, mi-peinture nous laisse dans le flou entre l’interprétation du vrai et l’imagerie du réel. On doit ce beau travail esthétique à Laure Vasconi et Thierry Depagne qui jouent bien de cette ambiguïté technique.

« Discours du nouveau directeur de l’Odéon » d’Olivier Py, Ed.Actes-Sud, nov.07. 10 €

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