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Critiques / Théâtre

Italienne, scène et orchestre

par Marie-Laure Atinault

L’envers du décor

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Si vous avez toujours rêvé de connaître l’envers du décor, de fouler les planches, ce spectacle est pour vous. Le titre mérite une mise au point pour les non initiés : une "italienne" n’est pas, au théâtre, une native de la botte, mais le déroulé rapide du texte par les acteurs, sans jeu ni déplacement. Ici, nous sommes ainsi conviés à pénétrer dans le labyrinthe des coulisses, généralement interdit au public. Un petit frisson nous parcourt l’échine lorsque nous foulons la scène. D’ailleurs, nous changeons de statut : de spectateurs nous devenons choristes. Nous nous installons sur des gradins pour chanter La Traviata. Notre problème est de suivre les indications du génial metteur en scène, Antoine Markowski, et du célèbre chef d’orchestre David Ruschin. Car les deux hommes se détestent. Ils ont, de surcroit, une vision diamétralement opposée de l’œuvre. Les chanteurs sont évidemment en porte à faux entre leurs deux chefs. Majeva, l’assistante, s’occupe de nous comme une grande sœur. Grâce à elle, nous avons droit à une pause. Nous quittons alors la scène pour le foyer des artistes. Après la pause, nous suivons un autre chemin pour rejoindre la fosse d’orchestre. Nous sommes maintenant les musiciens. Autre vision de l’œuvre et du spectacle en répétition. Heureusement, les écrans de contrôle nous permettent de suivre l’hallucinant spectacle. Hallucinant, réjouissant, original sont les superlatifs que l’on peut effectivement attribuer à l’un des spectacles les plus inattendus que l’on puisse voir en ce moment. Jean-François Sivadier a écrit, mis en scène et joue avec son équipe cet Hellzapoppin au pays de l’opéra. A travers les dérapages techniques et humains de cette répétition mouvementée, il fait une déclaration d’amour à la scène. Nicolas Bouchaud, en metteur en scène qui veut innover, est hilarant. Sa réplique à la diva restera, pour nous, un moment d’anthologie. Jean-François Sivadier joue le chef d’orchestre, un mélange de Karajan et de Klaus Maria Brandauer. Il mène son public à la baguette. Nous sommes sous le charme, frisant le fou rire incoercible. Après avoir vu ce spectacle vous regarderez différemment une fosse d’orchestre. Un regret néanmoins : nous aimerions voir le résultat de cette production internationale propre à générer des vocations.

Italienne, scène et orchestre. Texte et mise en scène : Jean-François Sivadier, avec Nicolas Bouchaud, Jean-François Sivadier. Théâtre Nanterre-Amandiers. Tél : 01 46 14 70 00. Jusqu’au 18 décembre.

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