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Critiques / Théâtre

Il n’y avait même pas de rideau

par Jacky Viallon

Je ne joue pas pour de vrai

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Pour présenter le spectacle d’Yvan Gauzy, si l’on part de ce titre lapidaire - Il n’y avait pas de rideau - emprunté à la provocation de Dali, on peut aussi compléter par un catégorique : "Tout ça c’est même pas vrai" Car il est sûr que Yvan Gauzy ne joue pas "pour de vrai" et qu’il s’amuse à tenter de mettre en place une représentation théâtrale qui n’aura jamais lieu. Est-ce, pour autant, un vrai ou un faux magicien ? Est-ce un acrobate des mots et du corps ?
En fait, il nous entraîne vers une lecture et substitue habilement les codes pour nous fourvoyer vers d’autres voies. S’il nous piège, il ne se prend jamais au sérieux. Son spectacle est constamment distancié, comme une performance. Pas d’histoire dans ce spectacle, mais une tranche de bonheur d’un personnage qui joue avec le surréalisme, en jonglant avec des tours de cartes, de passe-passe, de foulards et d’acrobaties verbales et physiques. Puis, Yvan Gauzy fait tout sombrer en nous dévoilant de fausses ficelles. Alors, on croit comprendre et l’on n’a rien vu. Il nous laisse pantois dans le bel abîme du doute. Mais il revient nous rechercher avec malice pour nous ramener dans la réalité.

Clown, manipulateur, magicien, acrobate

C’est le Théâtre Picolo, niché dans les puces de Saint-Ouen, ce théâtre expérimental, véritable lieu de résistance animé par deux aventuriers téméraires et passionnés, Joséphine et Francis Dechenaud (voir l’article dans le numéro 3 du Journal des Spectacles), qu’Yvan Gauzy a choisi pour présenter exceptionnellement les quatre dernières représentations de Il n’y avait même pas de rideau. En plus du spectacle, on peut y découvrir une exposition "contemporienne" du même Yvan Gauzy, faite de petites machines inattendues et infernales. Exemple : L’enterrement de la vache folle ou "le casque thermo-syphonné", reconversion absurde d’une ancienne bouilloire. Un excellent prologue au spectacle qui vous met dans l’humeur et l’humour de l’entrée fracassante de fantaisie de ce clown, manipulateur, magicien, acrobate. Vous aurez l’impression qu’il aura traversé votre vie pour vous accompagner d’une amicale fantaisie. Et si par hasard il vous abandonne au bout du chemin, ce sera pour revenir avec d’autres frasques et passades. On se souvient de cet extraordinaire numéro de cartes qu’il proposait aux terrasses des cafés d’Avignon. Il entraînait à sa suite ses spectateurs comme le joueur de flûte. Souhaitons qu’il continue longtemps à se cacher derrière son fameux rideau pour concocter d’autres surprises. Et saluons au passage la discrète et efficace collaboration à la mise en scène de Geneviève de Kermabon, dont l’attachante fantaisie présente dans le spectacle n’est pas pour nous déplaire.

Il n’y avait même pas de rideaux, de et par Yvan Gauzy, mise en scène Geneviève de Kermabon. Machine à rien Jean Racamier, lumières Ricardo Casas, musique Christophe Héry. Du 26 au 29 avril à 21 h. Théâtre Picolo, 58 rue Jules Vallés, Saint- Ouen. Réservations : 01 40 12 99 60 - 11 22 87

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