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Critiques / Théâtre

Gelsomina

par Marie-Laure Atinault

Fragilité enfantine

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Gelsomina est une petite bonne femme. Des yeux écarquillés sur un monde qu’elle découvre émerveillée. Il y a donc un monde en dehors de son village. Elle suit Zampano. Elle est son aide, son apprentie. Il lui apprend la parade, la quête, la comédie. Zampano est un montreur de foire. Il réalise des tours de force. C’est un être fruste et violent qui exerce son pouvoir sur la frêle Gelsomina. Ils ont une vie de forain, allant de village en village. Sur la route, ils croisent d’autres forains, des petits cirques. Zampano, le colosse de foire, et Gelsomina, le petit clown, savourent les applaudissements et les "Oh" naïfs des campagnes. La petite apprentie s’applique, car elle veut plaire à Zampano, terrible et fascinant.

Pierrette Dupoyet a écrit ce texte en s’inspirant de La Strada, le film de Federico Fellini avec Guilietta Masima et Anthony Quinn. La papesse d’Avignon est passée maître dans ce genre d’exercice. Un texte sur une personnalité réelle ou fictive, ici interprété sur le ton du conte et de la mélopée. Pierrette Dupoyet, généralement réticente à donner son texte à d’autres comédiennes, s’est laissé convaincre. A juste titre. Juliette Croizat est tombée en amour de ce texte. Avec l’aide de Christophe Gauzeran, ils l’ont empoigné, décidant d’utiliser les arrières plans et les rencontres de Gelsomina. Le cirque s’est imposé. Gelsomina nous raconte sa vie avec une fragilité enfantine. Sur la piste du cirque tout prend vie, la rudesse des campagnes, les clinquants, l’apprentissage des numéros. Juliette Croizat est lumineuse. Cette femme énergique a appris le trapèze, la corde et le fil de fer, pour donner corps à son personnage. Elle nous offre une Gelsomina tendre et lunaire. Elle captive son public suspendu à ce récit, suivant pas à pas, mot à mot, les balbutiements, les tours ratés, ses chutes, ses élans poétiques. La mise en scène épurée, cernée de quelques accessoires indispensables, et une comédienne formidable font donc de Gelsomina un spectacle d’une beauté sidérante qui mériterait une diffusion nationale. C’est un spectacle d’artisans du spectacle, d’aventuriers des planches avec pour seule subvention leur courage et leur talent.

Gelsomina, de Pierrette Dupoyet, librement inspiré du film La Strada, de Federico Fellini, mise en scène Christophe Gauzeran, avec Juliette Croizat. Théâtre de Cergy-Pontoise. Tél : 01 30 38 11 99. Les 25 et 26 novembre à 21 heures.

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