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Critiques / Festival

Feuillets d’hypnos de René Char

par Marie-Laure Atinault

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Rédigé entre 1943 et 1944, Feuillets d’hypnos est un recueil publié en 1946. Témoignage sur la résistance, avec le souffle brûlant de la liberté.
Mise en scène de Frederic Fisbach

237 actions pour la scène

La cour d’honneur n’est pas un lieu comme un autre. Exceptionnel, magique, porteur d’une mythologie avignonnaise. Cette grande Dame du plus grand festival de théâtre au monde ne pardonne pas à ceux qui ne lui rendent pas les honneurs. Frédéric Fisbach sait depuis 4 ans qu’il sera artiste associé au festival d’ Avignon 2007, or il n’a pas su sentir tout ce que ce lieu peut offrir au metteur en scène. Bien au contraire, il a tout mis en œuvre pour effacer le décor vénérable. Cela est d’autant plus regrettable que René Char a une histoire particulière avec la genèse du festival puisqu’il présenta Jean Vilar au couple Zervos, première étape pour la naissance du premier festival en 1947.

Une maison témoin pour jeunes branchés

Un décor immaculé tout en long, comme un loft agencé pour le tournage d’une émission de télévision. Au fond, des studettes séparées par un dressing, une douche à droite (pour les spectateurs) et une cuisine à côté des gradins. Surtout ne pas jouer avec le palais des Papes qui en a vu d’autres et des meilleurs ! 7 comédiens annoncent le numéro, et nous disent tant bien que mal le texte de René Char, texte que l’on a du mal à entendre. Certaines phrases émergent « Les girafes ne portent pas de faux cols ». Les comédiens se changent allégrement. Que c’est drôle de voir un homme avec des talons hauts, mais quel rapport avec le texte ? Aucun bien sûr !
De temps en temps on tire un coup de feu, ce qui a l’avantage de réveiller quelques spectateurs et d’en faire fuir comme une volée de moineaux !
A partir des 110 actions, la salle subit une hémorragie de spectateurs.
124 actions « la France des cavernes » repris en cœur.
128 actions des spectateurs se lèvent et montent sur scène, ils sont comme appelés par une urgence, dos au public restant (si si, il en reste), ils sont plus de cent. Certains prendront la parole, avec une petite maladresse. D’autres avec autorité et même avec talent. L’idée est belle, bien réalisée mais arrive un peu tard dans la soirée pour nous sauver de l’ennui.

Si vous aimez René Char, la soirée vous décevra car on n’entend pas le texte noyé dans une mise en scène gadget, sans grand intérêt. Si vous ne connaissez pas René Char, lisez le ! Ce sera le plus bel hommage à faire à ce poète.

Crédit photos : Christophe Raynaud de Lage

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