Dans la peau de Hugo Paviot

Une découverte à ne pas rater

Dans la peau de Hugo Paviot

L’homme est en pyjama, il parle. Il en a assez de manger des carottes. De ne pas pouvoir parler aux autres. De ne pas pouvoir fumer, de pleurer tout le temps. Ca le déprime. Ca le déprime de déprimer les autres. Alors le médecin l’isole. Dans sa vie d’avant, il aime follement, éperdument. Dans sa vie d’avant, les carottes, il y a eu une déchirure, un brouillard dans sa vie. Adam a aimé à la folie. Eve sa femme raconte sa version des faits au médecin. Sa douleur, son incompréhension mais elle l’aime. Une toute jeune fille mal dans sa peau, dans ses vêtements trop grands qu’elle porte comme une armure pour cacher sa féminité. Elle aussi aime douloureusement. Elle aussi en a marre de manger des carottes. Un autre, une autre douleur, honte, incompréhension. Tous les quatre aiment à la folie. Tous les quatre sont des écorchés vifs de la passion , de l’amour entêtant, de l’amour interdit.

La « Compagnie de l’escalier qui monte » n’a pas choisi la facilité en montant une énième version d’un classique malmené et revisité. Non, elle a pris le risque de se frotter à un auteur contemporain qui n’a pas encore la renommée qu’il mérite, Hugo Paviot. Ce dernier aime créer des univers qui dérapent en y jetant des personnages en proie à leurs propres contradictions. Dans la peau est un texte épidermique qui met le doigt sur l’arbre et l’écorce humaine.

Epurée et poignante

Jean-Christophe Houin a réalisé une mise en scène épurée, avec une banquette et deux comédiens. L’ écriture de Hugo Paviot impose à ses comédiens un exercice de style digne d’un équilibriste du verbe, puisque le verbe glisse d’une virgule, d’un espace, comme une photocopie décalée. Les quatre personnages semblent utiliser les mêmes mots, les mêmes phrases pour raconter leur histoire d’amour. Dans ce glissement progressif du verbe, Hugo Paviot ose l’interdit, le tabou. Les comédiens Jean-Christophe Houin et Magali Esteban sont d’une étonnante présence, nous bouleversant, nous dérangeant. A ne pas rater.

Mise en scène : Jean-Christophe Houin par la compagnie de l’escalier qui monte
Festival Off d’Avignon à l’Art en scène théâtre à 12h jusqu’au 2 août 2008

www.avignonleoff.com

A propos de l'auteur
Marie-Laure Atinault
Marie-Laure Atinault

Le début de sa vie fut compliqué ! Son vrai nom est Cosette, et son enfance ne fut pas facile ! Les Thénardier ne lui firent grâce de rien, théâtre, cinéma, musée, château. Un dur apprentissage. Une fois libérée à la majorité, elle se consacra aux...

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