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Critiques / Théâtre

Au bout du monde

par Marie-Laure Atinault

Les bons contes....

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Enfant, nous attendions ce moment délicieux où la voix de nos aïeux nous racontait des histoires commençant par le rituel : "il était une fois". Heureux, nous enfoncions notre tête dans l’oreiller moelleux, nuage de nos rêves. L’homme, depuis la nuit des temps, aime écouter ces contes que l’on se transmet autour du feu pour conjurer les esprits mauvais de la nuit, puis pour passer les longues soirées d’hiver. La télévision, mère de tous les maux de l’appauvrissement intellectuel a-t-elle remplacé l’heure du conte ? Non, les mères et les grands-mères racontent toujours l’histoire du Petit chaperon rouge à leurs chers petits. Mieux, de nos jours, le conte est un exercice qui n’a rien de désuet. Des conteurs sillonnent la France. Ils sont régionalistes, historiques, épiques, humoristiques et grands voyageurs. Tous les ans, Vendôme est ainsi, le temps d’un festival, la capitale de ce genre particulier et Chevilly-La-Rue abrite même la maison du conte.

Humour, philosophie et sagesse ancestrale

Abbi Patrix, lui, raconte ses aventures, ses voyages au bout du monde. Ce conteur a un sourire à dévorer les soucis et son charme nous invite à le suivre, jusqu’au bout de la terre. Son nom est un premier mystère. Abbi Patrix : est-il le frère de Matrix ou descendant d’un druide gaulois ? Il nous explique le secret de ce patronyme unique. Avec lui, le monde est vaste, merveilleux, plein de contes ordinaire qui recèle une saveur extraordinaire. A Istanbul, il y a deux bouts du monde, celui de l’Occident et celui de l’Orient. D’Istanbul à Kaboul, il n’y a qu’un conte. On découvre que sans Kilinahr, on ne peut pas voyager. Là-bas, c’est plus utile qu’un GPS. À Tombouctou, on prend son élan pour aller à Chevilly-La-Rue, c’est vraiment le bout du monde.
Abbi Patrix met en scène la parole, disant, chantant, psalmodiant ces histoires pleines d’humour et de sagesse ancestrale. Griot, sorcier, troubadour, bateleur, il est tout cela à la fois. Avec son tambour et sa sanza, il transmet des histoires pleines de philosophie, d’enseignements, de moralité magique. Cet homme est un conteur universel. Il peut puiser son inspiration au coeur de la tradition et dans ses rencontres, pétrie d’une saine humanité, d’une poésie salvatrice de la morosité ambiante. Le public est comme hypnotisé par ce spectacle différent, scandant en sortant les mots de passe Lépo’alep Nata’alep, véritable sésame de l’heure du conte.

Au Bout du monde. Conception et réalisation : Abbi Patrix. Texte : Nathaël Moreau
Mouvement : Pascale Houbin. Musique : Jean-François Vrod. Lumière : Sam Mary.
Son : Alexis Meier. Au Café de la Danse (Paris 11e). Renseignements et réservations : 01 49 08 08 51. Du 29 mars au 29 avril.

Photo : Stéphanie Jayet

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