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Critiques / Festival

Agnès 68

par Marie-Laure Atinault

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Joli mois de Mai, quand reviendras-tu !

Ah le mois de Mai et ses spécialités : le muguet, les défilés, les manifestations, les barricades, sans oublier ses fameux pavés ! Cette année, Mai 68 fête son quarantième anniversaire. Mais quel regard les moins de quarante ans ont-ils sur ce mois historique ? Comment étaient perçus les évènements parisiens par les provinciaux de 1968 ? Quel regard, ceux qui ont vécu ces évènements, portent-ils aujourd’hui sur ces jours ?
Faisant ce constat, Jacques Kraemer a écrit une bien jolie pièce sur ce mois qui fit trembler la France. Habilement, il a mélangé ses souvenirs, vrais et faux, et des flashs d’actualité.

Une troupe de jeunes comédiens joue L’école des femmes dans le sud de la France lors d’une tournée internationale entre Albi et Rodez. Les échos de Paris enflamment les esprits. Joseph, le metteur en scène, est un gauchiste convaincu et affirmé. Sa mise en scène s’inspire de ses maîtres : Jouvet, Vilar, Brecht. Il joue Arnolphe et il est amoureux d’Agnès. Antonin, qui joue Horace, est très excité par le vent de liberté qui souffle sur la société et voudrait que toutes les femmes jettent par dessus les moulins leur soutien-gorge. Son esprit révolutionnaire est super motivé par la liberté sexuelle, surtout par celle de sa jeune partenaire. Lili ( Agnès), est amoureuse de son sémillant metteur en scène. La troupe continue sa tournée pendant que Joseph peaufine sa mise en scène novatrice entre deux répétitions et écoute avidement la radio. Les flashs d’info alternés par des publicités parlent des barricades, de la grève générale, des slogans révolutionnaires. Et le théâtre dans tout ça ? Ouvriers, étudiants et comédiens doivent-ils monter sur les barricades d’un ordre nouveau ? Mais la grande question est : Agnès-Lili cédera-t-elle à Arnolphe ou à Horace.

Souvenirs, souvenirs !

La pièce est truffée de petits détails qui, sans en avoir l’air, apportent l’air du temps : le port ou non du soutien-gorge, l’inquiétude au sujet de la répercussion des événements, les petits indices sur la révolution de la société, et les publicités radiophoniques. Ces dernières sont particulièrement savoureuses : rappelons que la télévision étant en grève ou sous la coupe de la censure, seules les radios rendaient compte de l’évolution de la grève. Dans sa pièce, Jacques Kraemer a mis beaucoup de tendresse et une bonne bouffée d’humour. On y retrouve des répliques savoureuses dont une, entre autre, restera « culte » : n’est-il pas trop bourgeois de prendre son petit déjeuner au lit ? s’interroge Agnès. Les costumes et les coiffures nous mettent au diapason, Antonin y arbore d’ailleurs une tignasse très Rolling Stones.
Philippe Canales, Simon-Pierre Ramon et la délicieuse Marion Lubat sont trois jeunes comédiens qui feront parler d’eux que ce soit sur les barricades ou sur les planches.

Agnès 68 de Jacques Kraemer, mise en scène de l’auteur avec Philippe Canales, Marion Lubat, Simon-Pierre Ramon.
Festival off d’Avignon du 10 Juillet au 1er Aout
Théâtre du Balcon à 14H15, réservation : 04 90 85 00 80

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