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A propos du livre manifeste d’Alain Germain « Mariez-vous ! »

par Jacky Viallon

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Cet écrit nous est livré en toute simplicité par le vecteur de la facture épistolaire et met donc en correspondance un fils qui écrit à son père pour lui renouveler sa confiance puisque ce dernier va bientôt convoler en juste noces avec son petit ami dit « Ludovic » dans le texte.

Par effet de ricochet ce courrier destiné au père devient libérateur au profit du fils qui prend ses distances face à l’évènement. De fait est que le traitement de ce sujet aurait pu glisser sur « la savonnette du lieu commun » ou s’engloutir dans le glou-glou d’une leçon d’instruction civique bouchonnée par un chapitre sur la tolérance. On échappe aux poncifs tout en entrant dans la confidence très maitrisée du jeune narrateur. Jeune garçon qui observe et nous offre son regard porté sur les sentiments libérés de son père vivant avec un homme. .

C’est écrit sans recherche d’artifice, le fils livre sans nostalgie des bribes de souvenirs relatant la relation au père. Ces images émergent comme dans le flux et le reflux d’une séance d’analyse, livrées sans insistance elles glissent, s’accrochent à rien et fuient la nostalgie. L’auteur n’est pas dupe il sait discerner le souvenir de la nostalgie et nous en averti dès la première page qui mérite d’être relevée : « …. J’ai eu 16 ans hier. En soufflant les bougies de mon gâteau d’anniversaire, j’ai eu l’étrange sensation de souffler aussi sur les restes d’enfance qui me collaient encore à la peau. Pas pour les oublier. Juste pour me libérer d’eux mais en les gardant bien au chaud avec mes souvenirs. Les bons. Les mauvais ».

Certes la facture de cet écrit pourrait nous faire penser à « La lettre au père » de Kafka où le narrateur règle ses comptes avec le père. Dans le cas présent nous sommes loin des rivalités mais plutôt proches du fusionnel « Père/ Fils » que l’absence d’une mère morte imprime davantage.

Dans la deuxième partie du texte le cercle affectif s’élargit : Le fils écrit au petit ami de son père en faisant fi de tout tabou. C’est énoncé avec beaucoup de délicatesse et de pudeur, ce qui décline d’un certain respect à l’intention du lecteur.

La tolérance, c’est ça !

C’est ça, la tolérance !

Ou, si vous préférez on pourrait dire : « C’est quoi au juste la tolérance ? »

Bon ! D’accord ! Alors merci !

Donc : Tolérons la tolérance !

« Mariez-vous ! » d’Alain Germain - Oskar Editions, Août 2013.

http://www.oskareditions.com/Livre.php?nom=Mariez-vous

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