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Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci Publié par Véronique DEBRAY, le 4 décembre 2011 à 18:44

Aération
La chaleur,l’air,les odeurs qui émanent de cette ancienne salle toujours comble : je connais, depuis ma mise en place, il y a déjà 30 ans.

Toutes, elles passent à travers moi.

Je suis discret, même invisible, le plus souvent.

Mais sans moi, aucun de tous ces acteurs, metteurs en scène, spectateurs,ne pourraient rester aussi longtemps à leur aise, dans cette si jolie et confortable salle de spectacle : noire et or.

L’été dernier en Avignon, " gnon, gnon", pour la pièce : " Le concept du visage du fils de dieu", (non de bleu), les techniciens m’ont soigné, chouchouté, tout particulièrement.

Habituellement, si on me fait une toilette une fois l’an, c’est bien le bout du monde.

Mais en 2011, je ne devais pas seulement extraire mais aussi, rendre olfactive, cette pièce ( et quelle pièce), qui se jouait là.

Je peux vous assurer, qu’en matinée comme en soirée, jamais je n’ai autant rit, la "bouch’rit".

Lorsque je soufflais l’odeur correspondant, en tous points, à la scène, les spectateurs ne pouvaient se contenir.

Certains même poussaient des râles, d’autres se bouchaient les narines, et devaient alors, rester bouche ouverte.

Quelques uns se tortillaient de malaise, mal-être, si confortablement installés sur leur fauteuil rouge très acceuillant, pour leur muscles fessiers.

Evidemment, afin de maintenir tous les spectateurs en haleine, (fétide), jusqu’au bout de ce célèbre spectacle, je cessais de souffler, pour vite extraire, juste avant qu’un damoiseau ne fasse malaise.

Je garderais un souvenir inoubliable de cette double fonction que l’on m’avait attribué pour l’occasion. Un souvenir ancré en moi, comme une bonne farce, faite à ses meilleurs amis.

Toujours dans ma mémoire de bouche d’air, (à trous), je retiendrais tous ces visages souffreteux, le regard du christ planté dans leurs yeux, dès qu’ils étaient gênés par l’odeur.

En effet, ils levaient alors, instinctivement les yeux et rencontraient inéluctablement, ceux de celui, qui s’est fait homme sur terre. Ce christ crucifié, au regard profond, grave et compatissant tout ceci à la "foi", pour mieux représenter la condition de l’homme sur terre.

"Ils ne sont que des humains", semblait leur dire ce regard aussi célèbre que la Mona Lisa au sourire énigmatique et au regard en coin, si coquin.

Moi, petite chose du spectacle, j’étais dans un état jubilatoire : même si j’étais alternativement désiré et détesté.

J’étais au spectacle et faisait le spectacle.

Telle une pièce maîtresse, numéro deux après le visage du fils de dieu, représenté en très grand format, au fond de la scène.

Il fallait bien cette taille, pour que je lui laisse la première place des acteurs les plus sujets à contreverses, .... après moi : la bouche d’air.

A Pornichet, avenue du logui

Le 03 décembre 2011

Héroïc.

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